TOME VI
dépendantes des rapports qu ont entre eux les rayons des diverses circonférences, et les mouvements de leurs centres et de Tastre; on peut donc, en multipliant et en déterminant convenablement ces quantités, représenter toutes les inégalités de ce mouvement apparent. Telle est la manière la plus générale d'envisager Thypothèse des épicycles et des excentriques ; car un excentrique peut être considéré comme un cercle dont le centre se meut autour de la terre, avec une vitesse plus ou moins grande, et qui devient rmlle s'il est immobile. Les géomètres avant Ptolémée s'étaient occupés des apparences du mouvement des planètes dans cette hypothèse, et l'on voit dans l'Almageste que le grand géomètre Apollonius avait déjà résolu le problème de leurs stations et de leurs rétrogradations.
Ptolémée supposa le soleil, la lune et les planètes en mouvement autour de la teiTe dans cet ordre de distances : la Lune, Mercure, Vénus, le Soleil, Mars, Jupiter et Saturne. Chacune des planètes supérieures au soleil était mue sur un épicycle dont le centre décrivait autour de la terre un excentrique, dans un temps égal à celui de la révolution de la planète. La période du mouvement de l'astre sur l'épicycle était celle d'une révolution solaire, et il se trouvait toujours en opposition au soleil, lorsqu'il atteignait le point de l'épicycle le plus près de la terre. Rien ne déterminait dans ce système la grandeur absolue des cercles et des épicycles ; Ptolémée n'avait besoin que de connaître le rapport du rayon de chaque épicycle à celui du cercle décrit par son centre. Il faisait mouvoir pareillement chaque planète inférieure sur un épicycle dont le centre décrivait un excentrique autour de la terre; mais le mouvement de ce point était égal au mouvement solaire , et la planète parcourait son épicycle pendant un temps qui, dans l'astronomie moderne, est celui de sa révolution autour du soleil; la planète était toujours en conjonction avec lui, lorsqu'elle parvenait au point le plus bas de son épicycle. Rien ne déterminait