LIVRE CINQUIÈME
travaux, une face nouvelle à Tastronomie; mais il avait laissé à ses successeurs le soin de rectifier ses théories par de nouvelles observations, et d'établir celles qui manquaient encore. Ptolémée suivit les vues d'Hipparque, et dans son grand ouvrage intitulé Aima" geste, il essaya de donner un système complet d'astronomie.
Sa découverte la plus importante est celle de Tévection de la lune. Avant Hipparque, on n'avait considéré les mouvements de cet astre que relativement aux éclipses dans lesquelles il suffisait d'avoir égard à son équation du centre, surtout en supposant avec cet astronome l'équation du centre du soleil plus grande que la véritable, ce qui remplaçait en partie l'équation annuelle de la lune. Il paraît qu'Hipparque avait reconnu que cela ne représentait plus le mouvement de la lune dans ses quadratures, et que les observations offraient à cet égard de grandes anomalies. Ptolémée suivit avec soin ces anomalies : il en détermina la loi et il en fixa la valeur avec beaucoup de précision. Pour les représenter, il fit mouvoir la lune sur un épicycle porté par un excentrique dont le centre tournait autour de la terre en sens contraire du mouvement de l' épicycle.
Ce fut dans l'antiquité une opinion générale que le mouvement uniforme et circulaire, comme le plus parfait, devait être celui des astres. Cette erreur s'est maintenue jusqu'à Kepler, qu'elle arrêta pendant longtemps dans ses recherches. Ptolémée l'adopta, et, plaçant la terre au centre des mouvements célestes, il essaya de représenter leurs inégalités dans cette hypothèse. Que l'on imagine en mouvement sur une première circonférence dont la terre occupe le centre, celui d'une seconde circonférence sur laquelle se meut le centre d'une troisième circonférence, et ainsi de suite jusqu'à la dernière que l'astre décrit uniformément. Si le rayon d'une de ces circonférences surpasse la somme des autres rayons, le mouvement apparent de l'astre autour de la terre sera composé d'un moyen mouvement uniforme, et de plusieurs inégalités