‹ Œuvres de Laplace (volume 5)Chapitre 257 sur 265 · LIVRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIEME

CHAPIÏKE VI.

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Le précis que nous venons de donner de Thistoire de Tastronomie offre trois périodes bien distincts qui, se rapportant aux phénomènes, aux lois qui les régissent et aux forces dont ces lois dépendent, nous montrent la route que cette science a suivie dans ses progrès, et que les autres sciences naturelles doivent suivre à son exemple. Le premier période embrasse les observations des astronomes antérieurs à Copernic, sur les apparences des mouvements célestes, et les hypothèses qu'ils ont imaginées pour expliquer ces apparences et pour les soumettre au calcul. Dans le second période, Copernic déduit de ces apparences les mouvements de la terre sur elle-même et autour du soleil, et Kepler découvre les lois des mouvements planétaires. Enfin, dans le troisième période. Newton, en s'appuyant sur ces lois, s'élève au principe de la gravitation universelle, et les géomètres, appliquant l'analyse à ce principe, en font dériver tous les phénomènes astronomiques et les nombreuses inégalités du mouvement des planètes, des satellites et des comètes. L'astronomie est ainsi devenue la solution d'un grand problème de mécanique, dont les éléments des mouvements célestes sont les constantes arbitraires. Elle a toute la certitude qui résulte du nombre immense et de la variété des phénomènes rigoureusement expliqués, et de la simplicité du principe qui suffit seul à ces explications. Loin d'avoir à craindre qu'un astre nouveau ne démente ce principe, on peut affirmer d'avance que son mouvement y sera conforme : c'est ce que nous avons vu nous-mêmes, à l'égard d'Uranus et des quatre

planètes télescopiques récemment découvertes, et chaque apparition de comète en fournit une nouvelle preuve.

Telle est donc, sans aucun doute, la constitution du système solaire. Le globe immense du soleil, foyer principal des mouvements divers de ce système, tourne en vingt-cinq jours et demi sur lui-même : sa surface est recouverte d'un océan de matière lumineuse : au delà, les planètes, avec leurs satellites, se meuvent dans des orbes presques circulaires, et sur des plans peu inclinés à l'équateur solaire. D'innombrables comètes, après s être approchées du soleil , s'en éloignent à des distances qui prouvent que son empire s'étend beaucoup plus loin que les limites connues du système planétaire. Non-seulement cet astre agit, par son attraction, sur tous ces globes, en les forçant à se mouvoir autour de lui, mais il répand sur eux sa lumière et sa chaleur. Son action bienfaisante fait éclore les animaux et les plantes qui couvrent la terre, et l'analogie nous porte à croire qu'elle produit de semblables effets sur les planètes; car il est naturel de penser que la matière, dont nous voyons la fécondité se développer en tant de manières, n'est pas stérile sur une aussi grosse planète que Jupiter, qui, comme le globe terrestre, a ses jours, ses nuits, et ses années, et sur lequel les observations indiquent des changements qui supposent des forces très-actives. L'homme, fait pour la température dont il jouit sur la terre, ne pourrait pas, selon toute apparence, vivre sur les autres planètes ; mais ne doit-il pas y avoir une infinité d'organisations relatives aux diverses températures des globes de cet univers? Si la seule différence des éléments et des climats met tant de variété dans les productions terrestres, combien plus doivent diff(érer celles des diverses planètes et de leurs satellites .5 L'imagination la plus active ne peut s'en former aucune idée; mais leur existence est, au moins, fort vraisemblable.

Quoique les éléments du système des planètes soient arbitraire, cependant ils ont entre eux des rapports qui peuvent nous éclaii«r

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