‹ Œuvres de Laplace (volume 5)Chapitre 4 sur 265 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

mènes fournit des réponses simples à ces questions. Le matin, la lumière des étoiles s afiaiblit à mesure que Taurore augmente ; le soir, elles deviennent plus brillantes à mesure que le crépuscule diminue : ce n est donc point parce qu elles cessent de luire , mais parce qu elles sont effacées par la vive lumière des crépuscules et du soleil, que nous cessons de les apercevoir. L'heureuse invention du télescope nous a mis à portée de vérifier cette explication , en nous faisant voir les étoiles au moment même où le soleil est le plus élevé. Celles qui sont assez près du pôle pour ne jamais atteindre l'horizon sont constamment visibles. Quant aux étoiles qui commencent à se montrer à l'orient pour disparaître à l'occident, il est naturel de penser qu'elles continuent de décrire, sous l'horizon, le cercle qu'elles ont commencé à parcourir audessus, et dont l'horizon nous cache la partie inférieure. Cette vérité devient sensible quand on s'avance vers le nord : les cercles des étoiles situées vers cette partie du monde se dégagent de plus en plus de dessous l'horizon; ces étoiles cessent enfin de disparaître tandis que d'autres étoiles, situées au midi, deviennent pour toujours invisibles. On observe le contraire en avançant vers le midi : des étoiles qui demeuraient constamment sur l'horizon se lèvent et se couchent alternativement, et de nouvelles étoiles, auparavant invisibles, commencent à paraître. La surface de la terre n'est donc pas ce qu'elle nous semble, un plan sur lequel la voûte céleste est appuyée. C'est une illusion que les premiers observateurs ne tardèrent pas à rectifier par des considérations analogues aux précédentes : ils reconnurent bientôt que le ciel enveloppe de tous côtés la terre , et que les étoiles y brillent sans cesse, en décrivant, chaque jour, leurs différents cercles. On verra, dans la suite, l'astronomie souvent occupée à corriger de semblables illusions, et à reconnaître les objets réels dans leurs trompeuses apparences.

Pour se former une idée précise du mouvement des astres , on

conçoit 9 par le centre de la terre et par les deux pôles du monde, un axe autour duquel tourne la sphère céleste. Le grand cercle perpendiculaire à cet axe s'appelle équatear; les petits cercles que les étoiles décrivent parallèlement à Téquateur, en vertu de leur mouvement diurne, se nomment parallèles. Le zénith d'un observateur est le point du ciel que sa verticale va rencontrer ; le nadir est le point directement opposé. Le méridien est le grand cercle qui passe par le zénith et par les pôles : il partage en deux, également, l'arc décrit par les étoiles sur l'horizon; et, lorsqu'elles l'atteignent, elles sont à leur plus grande ou à leur plus petite hauteur. Enfin Yhorizon est le grand cercle perpendiculaire à la verticale, ou parallèle à la surface de l'eau stagnante dans le lieu de l'observateur.

La hauteur du pôle tient le milieu entre la plus grande et la plus petite hauteur des étoiles qui ne se couchent jamais, ce qui donne un moyen facile de la déterminer; or, en s'avançant directement vers le pôle, on le voit s'élever, à fort peu près, proportionnellement à l'espace parcouru : la surface de la terre est donc convexe, et sa figure est peu différente d'une sphère. La courbure du globe terrestre est sensible à la surface des mers : le navigateur, en approchant des côtes, aperçoit d'abord leurs points les plus élevés, et découvre ensuite successivement les parties inférieures que lui dérobait la convexité de la terre. C'est encore à raison de cette courbure que le soleil, à son lever, dore le sommet des montagnes avant que d'éclairer les plaines.

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