TOME VI. Il
on trouve que si Ton prend pour unité la longueur du pendule à Téquateur, son accroissement de Téquateur aux pôles est égal au produit de cinquante-quatre dix-millièmes par le carré du sinus de la latitude.
On a remarqué encore, au moyen du pendule, une petite diminution dans la pesanteur, au sommet des hautes montagnes. Bouguer a fait sur cet objet un grand nombre d'expériences au Pérou. Il a trouvé que la pesanteur à Téquateur et au niveau de la mer, étant exprimée par Tunité, elle est 0,9992 ^9 à Quito, élevé de 2857°" au-dessus de ce niveau, et 0,998816 sur le Pichincha, à 4 744" de hauteur. Cette diminution de la pesanteur, à des hauteurs toujours très-petites relativement au rayon terrestre, donne lieu de penser que cette force diminue considérablement à de grandes distances du centre de la terre.
Les observations du pendule, en fournissant une longueur invariable et facile à retrouver dans tous les temps, ont fait nattre l'idée de l'employer comme mesure universelle. On ne peut voir le nombre prodigieux de mesures en usage , non-seulement chez les différents peuples, mais dans la même nation; leurs divisions bizarres et incommodes pour les calculs; la difficulté de les con* naître et de les comparer; enfin l'embarras et les fraudes qui en résultent dans le commerce, sans regarder comme l'un des plus grands services que les gouvernements puissent rendre à la société, Tadoption d'un système de mesures dont les divisions uniformes se prêtent le plus facilement au calcul, et qui dérivent de la manière la moins arbitraire d'une mesure fondamentale indiquée par la nature elle-même. Un peuple qui se donnerait un semblable système réunirait, à l'avantage d'en recueillir les premiers fruits, celui de voir son exemple suivi par les autres peuples dont il deviendrait ainsi le bienfaiteur; car l'empire lent mais irrésistible de la raison l'emporte, à la longue, sur les jalousies nationales, et surmonte tous les obstacles qui s'opposent au bien généralement