‹ Œuvres de Laplace (volume 5)Chapitre 54 sur 265 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

lunaires, mais dans un plus grand rapport. Les variations des distances du soleil à la terre influent pareillement sur les marées, mais d'une manière beaucoup moins sensible.

C'est principalement vers les maxima et vers les minima des marées totales qu'il est intéressant de connaître la loi de leur variation. On vient de voir que l'instant de leur maximum à Brest suit d'un jour et demi la syzygie : la diminution des marées totales qui en sont voisines est proportionnelle au carré du temps écoulé depuis cet instant jusqu'à celui de la basse mer intermédiaire à laquelle la marée totale se rapporte.

Près de l'instant du minimum qui suit d'un jour et demi la quadrature, l'accroissement des marées totales est proportionnel au carré du temps écoulé depuis cet instant : il est à fort peu près double de la diminution des marées totales vers leur maximum.

Les déclinaisons du soleil et de la lune influent très-sensiblement sur ces variations : la diminution des marées vers les syzygies des solstices n'est qu'environ trois cinquièmes de la diminution correspondante vers les syzygies des équinoxes; l'accroissement des marées vers les quadratures est deux fois plus grand dans les équinoxes que dans les solstices. Mais l'influence des distances de la lune à la terre est encore plus considérable que celle des déclinaisons. La diminution des marées syzygies est presque trois fois plus grande vers le périgée de la lune que vers son apogée.

On observe encore entre les marées du matin et du soir de petites différences qui dépendent des déclinaisons du soleil et de la lune, et qui disparaissent lorsque ces astres sont dans féquateur. Pour les reconnaître, il faut comparer les marées du premier et du second jour après la syzygie ou après la quadrature : les marées très-voisines alors du maximum ou du minimum varient fort peu d'un jour à l'autre , et laissent facilement apercevoir la difi(érence des deux marées d'un même jour. On trouve ainsi qu'à Brest , dans les syzygies des solstices d'été , les marées du

matin du premier et du second jour après la syzygie sont plus petites que celles du soir d'un siiième de mètre h peu près : dles sont plus grandes de la même quantité dans les syzygies des solstices d'hiver. Pareillement, dans les quadratures de Téquinoxe d'automne, les marées du matin du premier et du second jour après la quadrature surpassent celles du soir d'un huitième de mètre à peu près; elles sont plus petites de la même quantité dans les quadratures de l'équinoxe du printemps.

Tels sont, en général, les phénomènes que les hauteurs des ma* rées présentent dans nos ports; leurs inten^alles oirrent d^autres phénomènes que nous allons développer.

Quand la pleine mer a lieu à Brest au moment de la syxygie, elle suit l'instant de minuit ou celui du midi vrai de 0^,1780, suivant qu'elle arrive le matin ou le soir. Cet intervalle, très-différent dans des ports même fort voisins, est ce que Ton nomme établissement du port, parce qu'il détermine les heures des marées relatives aux phases de la lune. La pleine mer qui a lieu à Brest au moment de la quadrature suit l'instant de minuit ou celui du midi vrai de 0^358.

La marée voisine de la syzygie avance ou retarde de 270' pour chaque heure dont elle précède ou suit la svzygie; la marée voisine de la quadrature avance ou retarde de 602'' pour chaque heure dont elle précède ou suit la quadrature.

Les heures des marées syzygies ou quadratures varient avec les distances du soleil et de la lune à la terre, et principalement avec les distances de la lune. Dans les syzygies, chaque minute d*accroissemenl ou de diminution dans le demi-diamètre apparent de la lune fait avancer ou retarder l'heure de la pleine mer de 354'. Ce phénomène a également lieu dans les quadratures; mais il y est trois fois moindre.

Les déclinaisons du soleil et de la lune influent pareillement sur les heures des marées syzygies et quadratures. Dans les syzy-

Page 1