‹ Œuvres de Laplace (volume 5)Chapitre 57 sur 265 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

régie, pour mesurer les hauteurs par le baromètre, exige diverses modîjBcations que nous allons développer.

La température de l'atmosphère n'est pas uniforme celle diminue à mesure que Ton s élève. La loi de cette diminution change à chaque instant ; mais , par un résultat moyen entre beaucoup d'observations, on peut évaluer à seiaie ou dix-sept degrés la diminution de la température relative , à trois mille mètres de iiauleur. Or Tair, comme tous les corps, se dilate par la chaleur, et se resserre par le froid; et on a trouvé, par dea expériences trèsprécises, que son volume étant représenté par l'unité, à zéro de température, il varie, comme celui de tous les gaz et dettoutes les vapeurs, dje 0,00875 pour chaque degré du thermomètre; il faut donc avoir égard à ces variations dans le calcul des hauteurs; car il est visible que, pour obtenir le même abaissement dans le baromètre, il faut s'élever d'autant plus, que la couche d'air que Ton traverse est plus rare. Mais dans l'impossibilité de connaître exactement la variation de sa température, ce que Ton peut fiaire de plus simple est de supposa cette température uniforme et moyenne entre les températures des deux stations que l'on considère. Le volume de la colonne d'air comprise entre dles étant augmenté en raison de cette température moyenne , la hauteur due à l'abaissement observé du baromètre devra être augmentée dans le même rapport ; ce qui revient.à>multiplier le coefficient 18336"", par l'unité plus la fraction 0,00876 prise autant de fois qu'il y a de degrés dans la température moyenne. Les vapeurs aqueuses répandues dans l'atmosphère, étant moins denses que Tair, à la même pression et à la même température , elles diminuent la densité de l'atmosphère; et comme, tout étant égal d'ailleurs, elles sont plus abondantes dans les grandes chaleurs, on y aura égard en partie, en augmentant un peu le nombre 0,00875, qui e^rime la dilatation de l'air pour chaque degré du thermomètre. Je trouve que l'on satisfait assez bien à Tensembie

des observations, en le portant à o,oo4 : on pourra donc £Bure usage de ce dernier nombre, du moins jusquà ce que Ton soit parvenu par une longue suite d'observations sur rhygromètre, â introduire cet instrument dans la mesure des hauteurs par le baromètre.

Jusqu'ici, nous avons supposé la pesanteur constante, et Ton a vu précédemment quelle diminue un peu, lorsquon s*élève; ce qui contribue encore à augmenter la liauteur due à rabaissement du baromètre : ainsi Ton aura égard à cette diminution de la pesanteur, si Von augmente un peu le facteur constant. En comparant un grand nombre d'observations du baromètre faites au pied et au sommet de plusieurs montagnes, dont la hauteur a été mesurée avec exactitude par les moyens trigonométriques, M. Ramond a trouvé iSSgS™ pour ce facteur. Mais, en ayant égard à la diminution de la pesanteur, les mêmes comparaisons le réduisent à i8336™. Ce dernier facteur donne 10477,9 pour le rapport de la pesanteur du mercure , à celle d'un pareil volume d'air sur le parallèle de cinquante degrés, à zéro de température, et la hauteur du baromètre étant 0^,76. MM. Biot et Arago ont trouvé io466,6 pour ce rapport réduit au même parallèle, en pesant avec un grand soin des mesures connues de mercure et d'air. Mais ils ont employé de l'air très-sec, au lieu que celui de l'atmosphère est toujours mêlé d'une quantité plus ou moins grande de vapeur aqueuse, quantité que l'on détermine au moyen de l'hygromètre: cette vapenr est plus légère que l'air, dans le rapport de dix à dix-sept à fort peu près; les expériences directes ont dû, par conséquent, donner une pesanteur un peu plus petite au mercure que les observations barométriques. Ces expériences réduisent à i83i6°',6 le facteur 18336"*. Pour l'élever au nombre iSSgS", que donnent les observations du baromètre, quand on n*a point égard à la variation de la pesanteur, il faudrait supposer à l'humidité moyenne de l'atmosphère une valeur beaucoup trop

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