PRÉFACE. V
de base au système métrique le plus naturel et le plus simple ; les nombreux voyages entrepris pour connaître les diverses parties du globe, et pour observer les passages de Vénus sur le soleil ; la détermination exacte des dimensions du système solaire, fruit de ces voyages; la planète Uranus, ses satellites et deux nouveaux satellites de Saturne, reconnus par Herschel ; enfin, si Ton réunit à toutes ces découvertes l'invention admirable des instruments à réflexion si utiles à la mer, et celles des lunettes achromatiques, du cercle répétiteur et des montres marines; le dernier siècle, envisagé sous le rapport des progrès de lesprit humain dans les sciences mathématiques, paraîtra digne de celui qui l'a précédé. Le siècle où nous entrons a commencé sous les auspices les plus favorables à l'astronomie : son premier jour a été remarquable par la découverte de la planète Cérès, suivie presque aussitôt dé celle de la planète Pallas, dont la moyenne distance au soleil est à très-peu près la même. La proximité de ces deux corps d'une extrême petitesse à Jupiter, et la grandeur des excentricités et des inclinaisons de leurs orbes entrelacés, produisent dans leurs mouvements des inégalités considérables qui répandront un nouveau jour sur la théorie des attractions célestes, et donneront lieu de la perfectionner encore.
C'est principalement dans les applications de l'analyse au système du monde, que se manifeste la puissance de ce merveilleux instrument, sans lequel il eût été impossible de pénétrer un mécanisme aussi compliqué dans ses effets qu'il est simple dans sa cause. Le géomètre embrasse maintenant dans ses formules l'ensemble du système planétaire et de ses variations successives; il remonte par la pensée aux divers états qu'il a subis dans les temps les plus reculés, et redescend à