‹ Œuvres de Le Sage (volume 2)Chapitre 165 sur 253 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

Suite du comiat précédent, et comment Renaud punit Trufaldin.

Si tous les combats particuliers dont on vient déparier mérttoient l'attention des spectateurs, ce n'étoit rien en comparaison de celui des deux cousins. Le âls d'Aymon résistoit avec une vigueur etodnante aux efforts de Roland; et soit que, combattant pour une juste cause, il reçût du ciel de nouvelles forces, soit que, connoîssant à quel ennemi il avoit affaire, il ramassât, pour ainsi dire, tout son courage, il donnoit beaucoup de peine au comte d'Angers. Quoique ce dernier ne pût être blessé, il n'avoit pas encore sur l'autre le

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3i6 ROLAND L'AMOUREUX.

moindre avantage, lui qui en avoit d'ordinaire sur tous

les autres guerriers du monde.

Dans le temps qu'ils étoient acharnés l'un sur l'autre, il arriva que la reine persanne, après avoir fait perdre le sentiment à Aquilant, poursuivoit ce chevalier, que son cheval emportoit dans la campagn*. Cette guerrière passa près des deux paladins. Roland, qui vit le péril que couroit son neveu , quitta Renaud pour aller charger la reine, et il recommença avec elle le combat qui avoit été interrompu. Le seigneur de Montauban ne se vit pas plutôt libre, qu'il poussa son cheval vers l'endroit oii il savoit qu'étoit Trufaldin. Ce lâche monarque pâlit d'eiTroi à son approche ; et , ne pouvant échap* per, il implora dans sa crainte l'assistance de ceux qui t'entouroient. Mais le roi de Circassie lui déclara que personne ne pou voit prendre sa défense, que' ceux qui l'avoient embrassée par serment. Trufaldin donc réduit à se défendre lui-même, tira son épée d'une main tremblante, et parut vouloir faire tête au fils d'Âymon; néanmoins, quand il l'eut vu de près, il ne put soutenir sa vue; la frayeur le saisit, et ce lâche prince prit la fuite du coté du comte d'Angers , en criant à haute voix à ses défenseurs : Au secours, au secours, vaillants chevaliers, souvenez-vous de votre serment.

Renaud le poursuivoit malgré ses cris, et il étott près de te joindre lorsque les deux frères, volant au secours de Trufaldin , dont ils n'étoient pas éloignés, s'opposèrent aux desseins du seigneur de Montauban, qui força bientôt cet obstacle; car il étourdit Grifon d'un coup de Flamberge, et heurtant Aquilant avec impétuosité du poitrail de Rabican, il culbuta homme et

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