‹ Œuvres de Le Sage (volume 2)Chapitre 193 sur 253 · LIVRE IV, CHAR VI. Sâ · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAR VI. Sâ

dèrent , et prirent la fuite. Ils abandonnèrent les prisonniers, et mt'me leurs propres armes pour fuir plus légèrement. Le commandant, qui auroit dû les retenir, et faire plus de résistance , plus effrayé encore que les autres, les encourageoit à se sauver. Fuyons, fuyons, camarades , leur crioit-il , c'est ce dangereux homme qui tua Riibican. En parlant de la sorte, il couroit de toute la vitesse de son cheval devant un chevalier à pied, et craignoit encore de ne lui pouvoir échapper.

Le comte dédaigna de poursuivre ces lâches , et se pressa de délier ses amis , qui furent transportés de joie de le revoir. Pour la dame , quoique ravie d'être délivrée, elle se troubla quand elle reconnut Roland, et baissa les yeux de confusion, lorsqu'il s'approcha d'elle pour la délier. Malgré sa hardiesse naturelle, et l'art de dissimuler qu'elle possédoit, elle dit d'une voix mat assurée à son libérateur : Que je suis justement punie, ligueur, de vous avoir offensé! La honte que j'ai de vous devoir une seconde fols ma délivrance vous venge assez de mon crime. Mais s'il m'est permis de vous alléguer quelque foible excuse , pour diminuer du moins ma faute , je vous dirai que , sur le refus que vous fites de m'emmener avec vous, je me troublai, de manière que je crus ne pouvoir éviter de tomber entre les mains de mes ennemis, qu'en me servant de votre coursier pour m'éloigner d'eux. Punissez-moi , seigneur, par une prompte mort. J'avoue que je l'ai méritée. A ces mots, elle se jeta aux pieds du paladin, et tes arrosa de tant de larmes, qu'il eut la foiblesse de se laisser tromper de nouveau. Il embrassa Origile pour l'assurer qu'il oublioit le passé. Il est vrai que le jeune

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