‹ Œuvres de Le Sage (volume 2)Chapitre 194 sur 253 · L:,.ri.^..:.ïGoOg[c · texte numérisé non relu

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3fi8 BOLAND L'AMOUREUX.

Grifon^ qui ëtoit déjà devenu amoureux, de cette diune ,

intercéda pour elle.

Le soldat altinien, <jue le comte avoït fait écarter ■de sa troupe, avoit été témoin du combat. Il ne pouvoit revenir de son étonnement. Il vint se jeter aux genoux de Roland , et il lui dit : Seigneur, je reconnois i]ue je dois ta vie à vos bontés. Ami, lui répondit te ■guerrier en souriant, apprends, par ce qui vient de se passer à tes yeux , que le ciel punit tôt ou tard les personnes qui s'engagent dans le crime , et qui autorisent les cruautés.

Le généreux fîlsdeMilon, pour témoigner à Origlle qu'il n'avoit aucun ressentiment contre elle, la mit en croupe derrière lui sur Bridedor, et il se remit en chemin avec ses.deux neveux et Brandimart. £n marchant , la dame de Bizuth avoit toujours l'œil Sur le gentil Grifon , qui étoit encore dans son printemps, et dont le visage paroissoit v«rmeil comme une rose. Ce chevalier, de son côté, jetoit à tous moments sur elle des regards passionnés, qu'il accompagnoit d'ardents soupirs. Roland s'en aperçut avec chagrin; et, craignant 'que cette inclination pour une femme dont il connoissoit te mauvais caractère n'eût de mauvaises suites pour son neveu, il crut devoir la prévenir en séparant ces ^ux amants. Dans ce dessein , il dit aux deux frères et à Brandimart qu'il étoit obligé de tes quitter pour une aventure qu'il avoit juré d'achever seul. Les trois chevaliers eurent beau lui représenter qu'ils n'étoient partisd' Albraque que pour partager tes périls qu'il alloit courir, il leur parla de manière qu'ils furent obligés de se soumettre à ses volontés.

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