‹ Œuvres de Le Sage (volume 2)Chapitre 231 sur 253 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Combat de Roland contre le géant Varillard.

Roland eut tant de chagrin de cette aventure, que Brandimart ne pouvoit le consoler. Ik marchèrent te reste du jour, et te lendemain ils se trouvèrent au bord du fleuve que Renaud et ses compagnons avoient passé. Us donnèrent dans le même piège; ils entrèrent dans le bateau de la perâde demoiselte ; mais imaginez-vous

C,q,t,=..=ïG00g[C

43o ROLAND L'AMOUREUX.

<]uelle fut leur surprise d'y rencontrer Origile, qui

. vouloit aussi traverser te fleuve. Elle ne fut pas moins «tonnée qu'eux de cette rencontre ; et lu vue d'un chevalier qu'elle avoit tant offensé la remplit de Irayeur; elle avoit encore Bridedor et Durandal,cequine causa pas peu de joie au comte. L'artificieuse Origile baissa les yeux de confusion dès qu'elle le reconnut; et, ne pouvant prendre la fuite , elle eut recours aux larmes : Seigneur, lui dit-elle, jugez par mes pleurs du regret que j'ai de vous avoir donné lieu de me soupçonner de trahison, le n'ignore pas que la reconnoissance et

' fe devoir m'obligeoient à ne vous point abandonner ; mais c'est une faute que vous devez pardonner à la foibtesse d'une fille, qui n'a pu se résoudre à soutenir la vue des périls où vous alliez l'engager avec vous dans les jardins de Falerine. J'ai cherché , je l'avoue , à m'en garantir, et, pour vous ôterlesmoyens de m'en punir, J'emmenai votre cheval et vous pris votre épée.

Généreux guerrier, ajouta-t-elle, voilà mon crime, je le confesse. Tavois cru en éviter le châtiment par ma fuite; cependant le ciel, le juste ciel a voulu vous venger, puisqu'il me livre à votre ressentiment. Or- <lomiez de mon sort, et punissez une infortunée qui n'ose plus espérer de pardon, après vous avoir outragé tant de fois. A ces mots, Origile^ pour mieux touclier le paladin , fondit en pleurs; elle parut saisie de douleur, et marqua un si grand repentir de sa faute, que tout autre qu'un homme qu'elle avoit 4éjà trompé s'y seroit laissé surprendre. Perfide femme, lui dit Roland , je connois la fausseté de ton cœur; ne te flatte pas que je tombe de nouveau dans tes pièges. Si je ne

C,q,t,=..=ïG00gk\

Page 1