‹ Œuvres de Le Sage (volume 2)Chapitre 41 sur 253 · LIVRE 1, CHAP. XIII · texte numérisé non relu

LIVRE 1, CHAP. XIII

61s d'Aymon prit Flatnberge à deux, tujiins, et en déchargea un coup avec tant de force sur le casque de Gradfisse, qu'il étourdit ce vaillant roj, qui, pour ne pas t<Hnber , fut obligé d'embrasser le cou de son AJfane. Le paladin alloit redoubler, et peut-être achever de le renverser, si dans ce moment il n'eût pas vu passer auprès de lui le puissant Orion, quiemportoit sous son bras, comme un enfant, te jeune Ricbardet. A ce spectacle, malgré l'avantage qu'il avoit sur Gr^dasse , il quitta ce roi pour voler au secours de son frère; il se jette sur le géant, et lui coupe une cuisse d'un fendant terrible. Le monstre topibe, et sa douleur le oiptraignant d'abandonner sa proie, Kichardet se s^uve de ses mains, en bénissant le ciel d'avoir envoyé Renaud à son secours.

LeroideSéficaneavoitremarquécetteaction^charoié de la valeur dif paladin, il lui fit signe qu'il vouloit lui parler. Le seigneur de Montauban 8'appracbi>, et Gradasse lui tint ce discours : Brave chevalier, ce s«roit dommage ^ue toute la valeur et la force que tu viens de faire paroitre à ma vue fût accablée par le nombre. Tu vois ^î^ qae mes soldats t'enveloppent de toutes parts, et qu'il faut te résoudre à te rendre ou à mourir. Je ne permettrai pas toutefois que tu péristes, et je ne prétends poiot abuser de ta mauvaise fortune. Je ne veux devoir qu'à moi seul l'honneur de te vaincre. Je vais faire retirer mon année, quoique la vôtre soit prête à me céder le champ die halailie; et demain nous nous rejoindrons tous deux dans un endroit où nous pourrons achever notre combat sans obstacle et sans témoin. Nous verrons qui de nous deux sera le plus

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7» nÔLAND L'AMOUBEUX.

digne de la glinré que nous recherchons dans le métier des armes. Je ne suis point altéré de ton sang, et je li'en veux pas à ta liberté; si je suis assez vaillant pour te surmonter, je ne demande, pour prix de ma victoire, que ton fameux coursier ; et si , au contraire , j'ai le malheur d'être vaincu, je promets de rendre tous les prisonniers que j'ai faits. Je jure même qu'en ta considération, quel que soit l'événement de notre combat, je m'en retournerai en Orient, et cesserai de troubler le repos des chrétiens et des Sarrasins.

Roi magnanime, répondit le seigneur de Montauban, je suis touché de l'estime que vous me témoignez. Le combat que vous me proposez ne peut que me faire honneur : vous avez tant de courage et de force, que, pour peu qu'on vous résiste , il est glorieux même de succomber sous vos coups. Maisje dois vous dire, grand prince, que je ne puis vous remercier du dessein que vous avez de faire retirer votre armée pour me dégager des combattants qui m'environnent. Ma gloire ne sauroit consentir que je reçoive de pareilles grâces : quand toutes vos troupes seroient unies pour m'accabler, je n'ai pas encore perdu l'espérance , ou du moins la volonté de me faire un paasage avec mon épée, et de regagner notre camfl.

Courageux fils d'Aymon, repartit Gràdasse en souriant, j'estime les nobles mouvements que vous faites éclater; mais réservez-les pour le combat que nous devons avoir demain ensemble ; vous en aurez peut-être besoin. Après avoir ainsi parlé, ils convinrent du heu oii ils se battroient. C'étoit sur le rivage de la mer, à deux lieues des armées. Ils se séparèrent ensuite, l'un

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