‹ Œuvres de Le Sage (volume 2)Chapitre 44 sur 253 · LIVRE I, CHAP. XV. 8l · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAP. XV. 8l

peimis de disposer de moi avant le combat dont je buis convenu avec le roi Gradasse; mon honneur et ma parole m'y engagent.

Le paladin cessa de parler. Maugis employa prières , caresses, raisons pour persuader Renaud; mais, voyant qu'il n'y pouvoit réussir, ta patience lui échappa : fils d'Aynion,luidit-ilea colère, puisque de tous les services que je t'ai rendus, je. ne tire point d'autre fruit que celui de te voir insensible à ma disgrâce ; puisque, malgré le sang qui iious lie, et l'amitié qui m'a jusqu'ici attaché à toi, tu consens de me laisser mourir dans une affreuse prison , peut-être même dans les supplices , je me déclare ton ennemi. Crains mon ressentiment, crains que ]e ne nuise à tes desseins plus que tu ne penses. Alors il disparut à ses yeux , et se fit porter sous des arbres, où il pouvoitfaire ses conjurations sans témoins.

Aussitôt Draguinasse et Falsette, esprits dont il se servoit ordinairement, accoururent à sa voix. Falsette se revêtit par son ordre de la figure et de l'habit d'un héros du roi Marsille; il se rendit à la tente du roi de Séricane, et le pria de la part de Renaud de se trouver vers le milieu du jour au lieu^marqué pour le combat. Gradasse eut tant de joie de ce message, qu'il donna sur-le-champ à Falsette une' riche coupe d'or admirablenient travaillée; présent dont le démon ne fit pas grand cas, mais qu'il accepta pourtant avec de grands remerciments, pour mieux s'acquitter de sa commission.

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nOLAND L'AMOURRUX.

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