‹ Œuvres de Le Sage (volume 2)Chapitre 49 sur 253 · LIVRE I, CHAP. XVIÏ. ffJ · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAP. XVIÏ. ffJ

il l'ouvrit par curiosité : il y trouva cent choses rare& et instructives , et entre autres l'explication de l'énigme du sphinx, il y vit comme l'homme se traîne à quatre pieds dans sa première enfance , comme il se soutient sur deux dans l'âge viril; et comme enfin dans sa vieillesse il a besoin d'un bâton qui tut tert de troisième pied. J'aurais bien fait , dit-il alors , de consulter ce livre avant que de monter sur le rocher; mais puisque le ciel en a disposé autrement, il n'y faut plus penser.

Après quelques jours de marche , il arriva au bord d'une rivière, dont i'eau noire, rapide et profonde inspiroit par son affreux bouitIcHinement une secrète horreur. On ne lapouvoit passer à gué-, lariveétoît escarpée des deux côtés, et nul bateau n'y paroissoit. Roland marcha le long de ses bords , et découvrit enfin un pont qui fa trarersoit; mais un horrible géant en défendoit le passage. Cela ne l'empêcha point de s'en approcher. Oievatier, lui dit le monstre d'une voix rauque, c'e^ ta malheureuse destinée qui t'a ctmduitici; tu vois le Pont de la Mort. De tous ceux qui viennent dans ce lieu, nul ne s'en retourne, ni ne peut s'en retoaiver, puisque les chemins des environs sont des labyrintes qui ramènent toujours à ce fleuve. Si les astres ennemis, répondit le guerrier, me tbnt éprouver des traverses, ce n'est point dans cette occasion. Il m'importe peu que tous les chemins ramènent à cette rivière; je la veux paasM*, et il me suffit pour cela qu'elle ait un pont. Toutes les menaces que tu me fais de la part du destin et de la tienne, tous tes obstacles du monde s'opposeroientinutttenenti mon passage.G'eatcequenous allons voir, lui dit avec fureur l'efTroyable géant. Alors ils se

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joignirent, et commencèrent lecombat qu'on va décrire

dans le chapitre suivant.

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