‹ Œuvres de Le Sage (volume 2)Chapitre 7 sur 253 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Qui étoit cette dangereuse beauté quiproduisoU des effets si surprenants. Du projet que forma Maugis d'Aigremonty et quelenfut iesucà)s.

ApHis leur départ, tous les guerriers de l'assemUée témoignèrent à l'oivi qu'ils brûloient d'impatience de combattre pour un si beau prix. L'amoureux Roland surtout aspiroit au premier çtHnbat, et touffroit avec peine que quelqu'un osât entrer en concurrence avec lui. Il craignoit que le défenseur de cette beauté ne fût vaincu par le premier assaillant. 11 veut voler à la fontaine du perron deMerlin, maie aucun de ses rivaux ne lui cède cet avantage. Ils prétendent tons l'obtenir; ce qui fit naître un diUerent qui auroit rempli de sang et de carnage cette ct)ur, si l'enqwreur, pour en prévenir

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1» KOLAND L'AMOUIIEUX.

les funestes suites, n'eût fait assembler son conseil. L'avis des plus sages fut que le sort en décideroit Aussitôt les noms des concurrents chrétiens et sarrasins furent écrits sur des billets , et ces billets jetés dans une urne d'or. Un jeune enfant les tira au hasard l'un après l'autre.

Le premier de ces noms qui s'offrit aux yeux, fut celui d'Astolphe , prince d'Angleterre. Ferragus vint le second, Renaud le troisième, Dudon le suivit. Puis le roi Grandonio, ce fort géuit sarrasin. Othon et Bérenger sortirent ensuite de l'ume , et l'empereur luimême; car ce monarque, par un motif de gloire ou d'amour, avoit voulu se mettre aussi sur les rangs ; mais ce qui fait bien voir la bizarrerie du sort, c'est que le nom du fameux Boland ne fut tiré que le dernier. Quelle épreuve pour sa patience!

Tandis que ces choses se passoient dans la ^lle du festin, Maugis ' en sortît, et se retira chez lui pour s'éclaircir de ce qu'il vouloit savoir. Il avoit été frappé comme les autres de la beauté de l'inconnue; mais au lieu de s'en laisser charmer, il en conçut un présage funeste. Cette étrangère, dit-il, m'est suspecte. Son voyage renferme sans doute quelque mystère important. U faut que je sache ce qui l'amène, et quelle est sa véritable condition. Pour s'en instruire , il eut recours au Grimoire; c'éloit le livre dont il se servoit pour conjurer les esprits infernaux. Il ne l'eut pas ouvert et proféré quelques paroles, que quatre démons accoururent à sa voix. Âstaroth, dit-il à un d'entre eux,

' Haogis étolt iU du duc d'AigremiMit , et conaÎD de Retiand de Monlauban. 11 s'atUchoil aux sciences migiijuei.

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