‹ Œuvres de Le Sage (volume 3)Chapitre 119 sur 328 · LIVRE II, CHAP. YIII. a · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAP. YIII. a

verbe : A Malagon dans chaque maison un larron , et dans celle de F alcade le père et le fils.

C'est donc mal à propos ^ poursuivit le muletier, qu'on explique ce proverbe au désavantage des habitants de Malagon, puisqu'ils furent les volés et non pas les voleurs. On peut dire même à leur gloire , que , depuis Madrid jusqu'à Séville, il n'y a point de gîte, point d'hôtellerie , oîi l'on soit mieux traité et moins écorché qu'on Test à Malagon. Au reste, je ne prétends pas soutenir qu'il ne s'y fait point de friponneries comme ailleurs; mais je vous assure que ce ne sont pas les plus malhonnêtes gens de ce pays.

Comme le muletier achevoit ces paroles, il passa près de nous un ànier de sa connoissance , auquel nous demandâmes des nouvelles d'Almagro , d'où il venoit. II nous dit qu'il y avoit une compagnie de soldats nouvellement levés, et destinés à ce qu'on croyoit pour PItalie. Je tressaillis de joie à ce rapport , et pardonnai à la fortune tout ce qu'elle m'a voit fait souffrir, en faveur de la belle occasion qu'elle m'offroit de contenter le désir violent que j'avois d'être à G^s.

a44 GUZMAN D'ALFARACHE.

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