LIVRE IV, CHAP. II
d'Horace ; car il ne pouvoit soupçonner un autre d'avoir fait le coup. Aussitôt qu'il fut chez lui , il s'enferma dans son appartement , pour y . pleurer en liberté la perte de sa maîtresse. Ma chère Clorinia, s'écria-t-il , mon rival jaloux de vos bontés pour moi vous a trompée dans les ténèbres de cette nuit funeste. Vous l'avez pris pour Doridol Je suis donc la cause dumalheur qui vous est arrivé! C'est moi. qui. ai troublé votre repos : sans moi vous vivriez encore chaz votre père dans une parfaite tranquillité. ; c'est moi qui vous assassine. Mais votre mort sera biaitoË suivie de la mienne : dès le moment que j'aurai immolé Horaice à vos cendres , je vous rejoindrai dans l'étemelle nuit. La seule espérance de vous fair^ ce sacrifice souti^xit ma vie. Que iie vous est*il permis dans Iq.sein de la mort.de jouir .de la juste vengeanôe que jie vous prép«r/e! Que: ne pouvez- vous voir toiober les deux mai^Sta^tcrilégis^ide l'impie qui a coupé uné^jQfain, innocente! , j. .il-u».
, Enfin Dor^io /était mcqta ^ns las/larmes et les gémissements qua^Kjl le jou^pariUi lljsortifcet^e rendit en diligence cbçz Clorinta ^ <ïk il) trouva ' tout : le monde dans }a cpi^fèrnation* Y^ilèrer^soapère sentirent à sa vue.redoubl^r l^r^fQictto^. Liefejvoilàiquis'èmlHrasseht les uns les ^utres en.fpndant tpim enipleors. ODorido, çnon fils! (dît j^: vieillard ;ni^ fitté est entre lavi^et la XQSirt,i £^Q a pçrdu un^rsi giraiMk. quantité de sang, que C6la:^eul/suf|lt pour termiher ses jolies; Fut- il jamais un pèr^.plus malbeuirçnx que pnoi! Qiié pensez-vous de .l'horrible aciipn ;qw a été. commise? Quel homme P^utj en. avoir, été c^fiaixle?. et quelle punition pourra soulager japtiiç 4Quleur? Seigneur, lui répondit Dorido,
suspendons pour quelque temps nos regrets, et ne nous occupons que d'une chose qui .nous importe à tojus. II faut que Fauteur du forfait périsse. Je me suis charge de son châtiment; mais, avant que je le punisse d'une manière qui puisse étonner la postérité, il faut que je sois ce que je ne suis point. Reoevez<-moî pour gendre; il vaut mieux, pour votre honneur et pour le mien , qu'on dise que Clorinia a été vengée par son époux , que par un ami de son père. Accordez^moî donc votre fille, ajouta->t<*il, pendant qu^elle respire encore. Parla vous sauverez sa réputatioa , et Yom ne devrez point à un étranger la consolation que ja>vmi& aurai procurée. Le père et le fils acceptèrent fort volontiers la pro* position de Dorido. Elle leur parut très honorable pour eux, et très nécessaire pour prévenir tous tes bruits dèsavantageux qui pourroient se répandre dans le monde sur cette aventurêp. IJ^ bon homme alla lui-même annoncer cette nouvelle à Clorinia, qui, tojt accablée qu'elle étoit de son mai, répandit des brmes de joie ; et tirant des foroee^dè sa foibtèsse , 'e\\e dit avec transport que si elle se voyoH femme de Dorido^elle maurroit satisfaite; pui6 elle demanda si >^ calraiiei^^oit chez elle, et si l'on youloit bien permettra tja'elle lui parlât un instant. Gommer elle n'avoil aidrs pres<|ue pràït de fièvre ,»on crût qiie t'oh pKHiVbit isans perîî'lui dontier ce conteBtemeht;:»éanmiôûu(, dès qu'il se; présehta devant son lit, elle fut saisie^ d'unie Isi^gràpide joie, qu^élle tomba ea fi>ible$se. Gepëndant eèk' n'eut pas .de ^liite; on la fit revenir de son évanouifis^ênt. Le èhik-urglen , pour prévenir une seconde défeillance, défendit àu^ amants de se parler. Ils se contentèrent de s'exprimer