‹ Œuvres de Le Sage (volume 3)Chapitre 28 sur 328 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

// arrive un nouveau malheur a Guzman et à lânier,

Nous avions taxil d'envie d'être hors de )â ville, que nous commençâmes à donner du talon à nos ânes, qui servirent bien notre impatience : il sembtoit qu'à notre exemple ils eussent pris en aversion cette hôtellerie, et qu'ils eraignissentgd'y laisser leur peau ; mais quand nous fûmes daiis la campagne, nous n'allâmes plus qu'au petit pas, toUs deux gardant un profond silence, et chacun occupé de ses pensées. Il faisoit beau voir alors la contenance de mon ami l'ânier : il n'avoit plus envie de tire depuis qu'il ayoit vu la dépouille du mulet; il n'étoit nullemerit tenté de me railler sur nos admirables repas, il craîgnoit trop les reparties que j'atirms pu lui faire j il avoit mangé six fois plus que moi xle l'andouille et de la cervelle ; et pour le ragoût du matin, il l'a voit encol'e tout éntiePdans le ventre : enfin j'aurois eu de quoi triompher, s'il se fût avisé de vouloir plaisanter; mais il étoit bien éloigne d'y penser.

S'il avoit sujet de rêver désagréablement , je n'étois pas plus satisfait des images qui venoient s'offrir à mon esprit. O ciel! disois-je, quelle étoile malheureuse m'a tiré de la maison de ma mère? A peine ai -je mis le pied dehors, que tout m'est devenu contraire; un malheur n'a fait que m'en présager un autre, Pour premier gîte, il m'a fallu coucher à la porte d'une

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