‹ Œuvres de Le Sage (volume 3)Chapitre 38 sur 328 · LIVRE I, CHAP. IX. 8i · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAP. IX. 8i

verois de reste à prendre pour mon chevalier un homme ' du mérite et de la qualité de don Alonse; mais si les lois de la chevalerie sont les mêmes chez les chrétiens et chez les Maures , comment voulez-vous que je m'intéresse pour un guerrier qui va porter les armes contre ma patrie?

Quoique cette réponse parût judicieuse à la reine, cette princesse ne laissa pas de retourner à la charge , en représentant à la belle Maure que c'étoît par Un ca» particulier; qu'elle pouvoit sans scrupule prendre part à la gloire et à la fortune d'un cavalier à qui elle croyoit avoir de grandes obligations ; que cela lui serviroit d'excuse : de plus, qu'elle engageroit par là don Alonse à traiter avec plus de douceur les Maures qui pourroient tomber entre ses mains. Zuniga étoit charmé de voir la reine entrer avec tant de bonté dans ses intérêts ; et Daraxa, craignant de se trop découvrir si elle s'opiniâtroit à combattre les raisons de cette princesse, aima mieux garder le silence , comme si par respect elle eût consenti à ce qu'on attendoit d'elle.

Ce n'est pas tout, reprit la reine pour achever son ouvrage; quand une dame, chez les chrétiens, choisit un chevalier , elle a coutume de lui donner une marque de son choix, comme une écharpe, son portrait, un mouchoir, un ruban, ou quelque autre semblable galanterie. C'étoit bieh aussi la coutume des Maures ; mais Daraxa ne vouloit point s'engager si avant : néanmoins, comme les désirs de la reine étoieift pour elle des lois, elle fit présent à don Alonse d'un nœud de rubans qu'elle avoit sur la tête, d'un beau tissu à la mauresque. Ce cavalier le reçut un genou à terre et tai Guzmaa. 6

82 GUZMAN n'AI^FAïlACHE.

baisant la main quilelui^pr^s^ntoit; s^ès quoi, suivant Tusage dQ# amant» de ce tenpf^^là, i\ juiEa de joa ]wm^ rien faire qu^ fi^t indigne d« rhonneuf* d^ serviv S9 dame. Ensuite de c^tt;^ c^r^mw^ , n^ï fit un extrénie phi^v à U ççipe , €ie«Q pFinc^6$^ diit à Znniga qu'elje ne doutoit nullement quïl. ne se signalât bientôt par de glo^ieiix f£^it3 4'arni^ç., pour prouver qu'il mëritoit biei?, la faveur doffvt il veiipiï d'^lr^ gratifié* Il ré|)€indit: q^Gt Q'^tpit: à la fortun€i à tiii m foMrniï Icn* occasions ; eJti que $'il liesî manquait , ou qu'ellesi fussent malheureuses p(j>Uir Iw, qe ne Si^roit pas du uioîns par la faute dç son eoqur.

Après^ qu'il .^ut pa,Flé d^ cette sorte ^ il reraje^reia la rein0 ^. toutes se^ i^opté^ ) puisi s'adiressa^ à la bf Uo A{âufi95 U la supplia <te vowlpir biç¥' ^^ souveuir quelquefois d'un cbevalier qui v^KWt toute sa gloire à servir le f^i qatlvrfique» son mwtee, et à se rendre digne d'être estiiu^ d'^li^ A c^% U^Ota il se rôtira, et partit pour Vaofwé^.

Il apprij; ^n ^rflvant^ q%ie les rois F^dinand et Ma-

bon^t, a^T<>»eot WA qfis^u^bjft u^e e^ljrevue ; que Baëça

veRoit 4^ capituler , 4^1 qu'il étoit dit par un açticle de >

la capitulation que. tops hs^ pri^jOiHiiers Cai^S: pe^ut le

siéç^ seroi^Ut çelâclî^s ^ paçt et d'autre. Cette nour

v^llçj ^fgeî^ rs^wftouçeu?; don Monse, qui d^ ce mo-

meuU^ s^ crut privé pQui? touj.ouîr$ de li* vue d^ la

.b^Ue Maur^î n^ais,, çot^ïiç §i la reiw eût entreppis de

,fiur^ U bonheur de çf çayalief ^ elle ue voulut point Sie

. défwe de Dairaxa, po«r <mi ql^ avoit conçu une swnitié

si fortie^ qu^elle ne pouy<>it plo^. vivre sans eette ai-

laable perso^uc^. Le gouvcvneuj! «Mware^ son pèw, eut

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