LIVRE IX, CHAP. V
commodëment , je m'assis sur wne sellette 'qu'il y avoit là pour tout siège ; et lui s'étant mis sur le pied de son lit, il joua un air fort touchant^ et chanta dessus des paroles qui exprimoient le désespoir où là cruauté d'une dame réduisoit un amant. Lorsqu'il les eut chantées , je lui dis en souriant : Seigneur chevalier, voilà des vers que vous ne serez jamais obligé d'employer dans vos galanteries. Vous n'êtes pas fait pour trouver des femmes cruelles. Vous avez trop bonne opinion de moi, me répondit-il. J'ai composé pour mon conopte les vers que vous venez d'entendre, pour amollir un cœur que je croyois de diamant , pour attendrir Une dame qui me traitoit avec ime extrême rigueur. Il faut que je vous fasse le récit de cette histoire ; vous apprendrez en même temps celle de mes malheurs.