LIVRE IX, CHAP. VI. a
de Félicia, c'est-à-dire, à la dame Théodora, dont je vous ai déjà parlé. J'allai chez elle; j'y trouvai par hasard Félicia, qui ne s'attendant. à rien moins qu'à rtia vue en fut troublée, et voulut sortir pour. éviter l'éclaircissement qu'elle jugeoit bien que je lui deman* derois. Je l'arrêtai. Pourquoi me fuyez-vous ? lui disje. La parjure Hélène n'est-elle pas contente de m'avoir sacrifié? Vous a-t-elle défendu d'écouter mes plaintes? ou cherchez-vous seulement à m'échapper, pour vous faire un mérite auprès de l'ingrate d'avoir refusé de les entendre?
Seigneur, me répondit la suivante, je vous avoue ingénument' que votre présence me rend confuse. Je ne puis vous revoir sans me sentir déchirée de mille remords. On a séduit ma maîtresse , et j'ai eu le malheur d'être complice de la séduction. Après cela, puisje sans honte vous voir paroître devant moi? O ciell répliquai-je avec surprise, que m'osez-vous dire ? expliquez-vous plus clairement. Alors la soubrette me fit le détail du stratagème dont s'étoit servi Combados pour m'enlever dona Helena ; et, s'apercevant que son récit me perçoit le cœur, elle s'efforça de me consolen Elle . m'offrit ses bons ofSces auprès de sa maîtresse , me promit de la désabuser, de lui peindre mon désespoir, eil un mot de ne rien épargner pour adoucir la rigueur de ma destinée; enfin elle me donna des espérance» qui soulagèrent un peu mes peines.
Je passe les contradictions infinies qu'elle eutà essuyer de la part de dona Helena pour la faire consentir à me voir. Ell^ en vint pourtant à. bout. U fut résolu entre elles qu'on me feroit entrer secrètement chez don Blas^
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la première fois qu'il iroit à une terre où il alloit de temps en temps chasser, et où il demeuroit ordinairement un jour ou deux. Ce dessein s'exécuta bientôt. )> mari partit pour la campagne; on eut soin de m'en avertir, et de m'introduire une nuit dans Tappartement de sa femme.
Je voulus commencer la conversation par des reproches; on me ferma la bouche. Il est inutile de rappeler le passé, me dit la dame. Il ne s'agit point ici de nous attendrir l'un l'autre , et vous êtes dans l'erreur si vous me croyez disposée à flatter vos sentiments. Je vous lé déclare, don Gaston, je n'ai prêté mon consentement à cette secrète entrevue, je n'ai cédé aux instances qu'on m'en a faîtes, que pour vous dire de vive voix que vous ne devez songer désormais qu'à m'oublier. Peut-être seVois-je plus satisfaite de mon sort, s'il étoit lié au vôtre; mais^ puisque le ciel en a ordonné autrement, je veux obéir à ses arrêts.
Eii! quoi, madame, lui répondis-je, ce n'est pas assez de vous avoir perdue, ce n'est pas assez de voir Theureux don Blas posséder tranquillement la seule personne que je puisse aimer, il faut encore que je vous bannisse de ma pensée! Vous voulez m'arracher mon amour, m'enlever l'unique bien qui me reste! Ahl cruelle, pensez^ vous qu'il soit possible à un homme que vous avez une fois charmé, de, reprendre son cœur? Connoissez-vous mieux que vous ne faites, et cessez de m'exhorter vainement à vous ôter de mon souvenir. Eh bien! répliqua-t- elle avec précipitation, cessez donc aussi d'espérer que je paye votre passion de quelque reconfioissance. Je n'ai qu'un mot à vous dire, l'épouse de