LIVRE X, CAHP. I. agi
Cela pourra bîen être , lui répliquai-je ; la poésie en a amené là bien d'autres. Mon ami Fabrice auroit beaucoup mieux: fait de demeurer attaclié à votre seigneurie; il rouleroit aujourd'hui sur Tor. 11 seroit du moins fort à son aise , dit Manuel. Je Taimois ; et j'allois, en l'élevant de poste en poste , lui procurer dans la maison des pauvres un établissement solide , lorsqu'il lui ppit fantaisie de donner dans le beKesprit. L'insensé! il composa une comédie qu'il fît représenter par deâ comédiens qui étoient dans cette ville ; la piècô réussit /et la*têté tourna dès ce moment à l'auteur. Il se crut un nouveau Lope de Vega ; et, préférant la ftimée des applaudissements du public aux avantages réels que mon amitié lui préjparoit , il me demanda son congé. Je voulus, par compassion, lui faire changer de sentiment; je lui remontrai vainement qu'il laissoit l'os pour courir après l'ombre ; je ne pus retenir ce fou que la fureur d'écrire entraînoit. Il ne connoissoit pas son bonheur, ajouta l'administrateur; le garçon que j'ai pris après lui pour me servir en peut rendre un bon témoignage : plus raisonnable que Fabrice avec moins d'esprit j il ne s'est uniquement appliqué qu'à bien s'acquitter de ses commissions et qu'à me plaire. Aussi l'ai-je poussé comme il le méritoit; il remplit actuellement à l'hôpital deux emplois , dont le moindre est plus que suffisant pour faire subsister un honnête homme chargé d'une grosse famille.
aga GIL BLAS.