‹ Œuvres de Le SageChapitre 163 sur 321 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Gil Blas continue son i)oyàgey et arris^e heureusement a Oviédo. Dans quel état il retràupa ses parens. Mort de son père ; suites de cette tnort.

Aveux honteux. — Juste lepentir. — Funérailles in<iis6rètes. < — Affropt public et mérité.

, De Yalladolid nous nous rendîmes en quatre jours^ à Oviédo , sans avoir fait en chemin aucune mauvaise rencontre , malgré le proverbe qui dit que l«s voleurs sentent de loin l'argent des voyageurs. Il y auroit eu pourtant un assez beau coup à faire pour eux , et deux habitans seulement d'un souterrain nous auraient sans peine enlevé nos doublons; car je n'avoispas appris à la cour à devenir brave; et Bertrand, mon Moço de mulàs % ne paroissoit pas d'humeur à se faire tuer pour défendre la bourse de son maître II n'y avoit que Scipion qui fût un peu spadassin.

Il étoit nuit quand nous arrivâmes dans la ville. Nous allâmes loger dans une hôtellerie tout auprès <ie chez mon oncle le chanoine Gîl Ferez. J'étais bien aise de m'informer dans quel état se trouvoient mes parens , avant que de me présenter (levant eux ; et , pour le savoir , je ne pouvois mieux m'adresser qu'à l'hôte ou qu'à l'hôtesse de ce cabaret, que je con-

* Mozo de tnalaSf celui qui a soin des mules. Mozo se prononce moço , comme Le Sage Fa écrit.

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