LIVRE» X, CHAP. IV. 3i
cette duègne infortunée ; \et , m'attçndrissant sur son sort', je m'imputai son malheur, sans songer que c'étoit plutôt à son cancer qu'à mon mérite qu'on devoit l'attribuer.
J'observois avec plaisir tout ce qui me sembloit digne d'être remarqué dans la ville. Le palais de lijarbre de l'Archevêché occupa mes yeux agréablement, aussibien que les beaux portiques de' la Bout^q; mais unft grande maison que j'aperçus, et dans laquelle il entroit beaucoup de monde , attira toute nion attention. Je m'en approchai pour apprendre pourquoi je voyois là un si grand, concours d'hommes -et de femmes , et bientôt je fus au fah , en lisant ce^ paroles écrites en lettres d'or sur une table de marbre noir qu'il y avoit au-dessus de la porte : Laposada de los représentantes ^ . £t les comédiens marquoient dans leur affiche qu'ils joiieroient ce jour-là pour la première fois une tragédie nouvelle de don Gabriel Triaquera. *
' Les comédiens; ( lui /705a^a , *]a maison ; de los représentantes, des acteurs ). *
^ Il n*y a jamais eu de poëtc espagnol qui-s'appelât Triaquero.
Ce n'est que pour avoir lieu d'attaquer Voltaire sons ce nom peu flatteur y que Le Sage a conçu Tidée de l'épisode contenu dans le chapitre qu'on va lire. Triaquero Veut dire uendeurde thériaque, en vieux français thériaoteur , et en moderne, charlatan.
3l6 GIL BLAÏ.