‹ Œuvres de Le SageChapitre 194 sur 321 · LIVRE X, CHAP. IX · texte numérisé non relu

LIVRE X, CHAP. IX

Albarazin chez une bourgeoise de ses parentés. Pour moi qui, comme je Tai déjà dit, avois appris à danser chez la marquise de Chaves, je parus à l'assemblée un grand danseur. A l'égard de Béatrix et de Scipion , ils commencèrent à s'entretenir en particulier, pour se rendre compte mutuellement de ce qui leur étoit arrivé pendant qu'ils avoient été séparés ; mais leur conversation fut interrompue par Séraphine, qui, venant d'être informée de leur reconnoissance , les fit appeler pour leur en témoigner sa joie. Mes enfants , leur ditelle, dans ce jour de réjouissance, c'est un surcroît de satisfaction pour moi de vous voir tous deux rendus l'un à l'autre. Ami Scipion , ajouta-elle , je vous remets votre épouse en vous protestant qu'elle a toujours tenu une conduite irréprochable ; vivez ici avec elle en bonne intelligence. Et vous, Béatrix, attachezvous à Antonia , et ne lui soyez pas moins dévouée que votre mari l'est au seigneur de Santillane. Scipion, ne pouvant plus après cela regarder sa femme que comme une autre Pénélope , promit d'avoir pour elle toutes les considérations imaginables.

Les villageois et les villageoises , après avoir dansé toute la journée, se retirèrent dans leurs maisons; mais on continua la fête danff le château. Il y eut un magnifique souper; et, lorsqu'il y fut question de s'aller coucher, le grand vicaire bénit le lit nuptial , Séraphine déshabilla la mariée, et les seigneurs de Leyva me firent le même honneur. Ce qu'il y a de plaisant, c'est que les officiers de don Alphonse et les femmes de la gouvernante s'avisèrent, pour se réjouir, de faire la même cérémonie; ils déshabillèrent Béatrix et Scipion, qui,

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pour rendre la scène plus comique, se laissèrent gravement dépouiller et mettre au lit.

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