LIVRE X, CHAP. XL
s*avisoit de lui en faire des reproches, Gaspard lui imposoit silence, en le prenant sur un ton plus haut que le sien.
Scipion j me dit un jour le vieillard , j'ai un fils qui fait toute ma peine. Il est plongé dans toutes sortes de débauches : cela m'étonne, car son éducation n'a pas été négligée. Je lui ai donné de bons maîtres; et le père * Alexis, mon ami, a fait tous ses efforts pour le mettre dans le bon chemin; mais, hélas! il n'a pu en venir à bout : Gaspard s'est jeté dans le libertinage» Tu me diras peut-être que je l'ai ti*aité avec trop de douceur dans sa puberté, et que c'est cela qui Ta perdit Mais non, il a été châtié quand j'ai jugé .à propos d'user de rigueur; car, tout débonnaire que je suis, je ne laisse p^s d'avoir de la fermeté dans les occasions qui en demandent. Je l'ai même fait enfermer dans une maison de force , et il n'en est devenu que plus méchant. £n un mot, c'est un de ces mauvais sujets que le bon exemple, les remontrances et les châtiments mêmes ne sauroient corriger. Il n'y a que le ciel qui puisse faire ce miracle.
Si je ne fus pas fort touché de la douleur de ce malheureux père, du moins je fis semblant de l'être. Que je vous plains, monsieur! lui dis-je. Un homme de bien comme vous méritoit d'avoir un meilleur fils. Que vèuxtu, mon enfant, me répondit-il ? Dieu m'a voulu priver de cette consolation. Entre les sujets que Gaspard me donne de me plaindre de lui, poursuivit-iF, je te dirai confidemment qu'il y en a un qui me cause beaucoup d'inquiétude; c'est l'envie qu'il a de me voler, et qu'il ne trouve que trop souvent moyen de satisfaire, malgré Gil Blas. II. aS
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ma vigilance. Le laquais à qui tii succèdes s'entendûit avec lui, et c'est poixt cela que j'ai chassé ce domestique. Pour toi, je compte que tu ne te laisseras pas corrompre par mon fils. Tu épouseras mes intérêts; je ne doute pas que l^ pèt*e Alexis ne te Tait bien recommandé. Je vous en réponds, lui dis-^jfe; su révérence m'a exhorté pendant tthe heure à n'avoir en vue que votre bien; mais je puis vous assurer que je n'a vois pas besoin pour cela de son exhortation. Je me sens dispoéé à vous servir fidèlement, et je vous promets enfin un zèle à toute épreuve.
Qui n'entend qu'ifine pat'tte n'entend rien. Le jeune Velasquez, petit-maître en diable , jugeant à ma physionomie que je ne semiâ pas plits difficile à séduire que mon prédécesseur, m'attira d'ans un etïdt-oit écarté, et me {^rla dans ces termes : Écoute , mon cher, je suis persuadé que mon pèi'é Va chargé de m'espionner; il n'y a pas manqué : maispfénds-y garde, je t'en avertis, cet efmploi n'est pas iahi désâgrémfeiit. Si je viens à m'apercevoir qUè tU m'obs'erves, je te ferai mourir sous le bâton ; au lieu que si tu veux m'aidera tromper mon père, tu peux tout attendre de nia recônnoistsance. Faut41 te parler plus dàiireinent? tu auras ta pàit dans les cwips de filet que nous fêtons ensemble. Tu n'as qu'à choisir : déclàre-tôi dans le miomferrt pour le père ou pôur le fils-; ^ôint de qtfâirtier.
Mon^i^r, lui répondis-je, vous me serrez furieusement te boûtôto; je vois bien que je ne pourrai me défèttdtfe dé tne tangèr dfe vôtre parti, -quoique dans le Ibhd je rite sente ^è la iSépUgïïance à ttahir te seigneur Veiasquèz. Tu ne dois t'en faire aucun scrupule,