‹ Œuvres de Le SageChapitre 228 sur 321 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

De la plus grande joie que Gil Blas ait jamais sentie, et du triste accident qui. la troubla. Des changements qui arrivèrent à l'a cour , et qui Jurent cause que Santil* lanejr retourna.

Chagrin cruel. — Changements po|iiid|u«ft. — RéireîL de f ambition.

J'ai déjà dit qu'Ântonia et Béatrix s'accordoient ensemble parfaitement bien; Tune étant. accoutumée à vivre en soubrette soumise , et l'autre s'accoutumant volontiers à faire la maîtresse. Bfous étions , Scipion et moi , des maris trop galants et trop chéris de nos femmes, pour n'avoir pas bientôt la satisfaction d'être pères; elles devinrent enceintes presque en même temps. Béatrix. accoucha la première, mit au monde une fille; et peu de jours après Antonia nous combla tous de joie, en me donnant un fils. Ravi d'un si heureux événement, j'envoyai mon secrétaire à Valence en porter la nouvelle au gouverneur, qui vint à Lirias avec Séraphine et la marquise de Pliego * tenir les enfants sur les fonts , se faisant un plaisir d'ajouter ce témoignage d'affection à tous ceux que j'avois déjà reçus de lui. Mon fils, qui eut pour parrain ce seigneur, et pour

* Pliego , feuille de papier, pli.

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