‹ Œuvres de Le SageChapitre 231 sur 321 · LIVRE XI, CHAP. I · texte numérisé non relu

LIVRE XI, CHAP. I

récompensent assez volontiers. Pour moi, dit don Alphonse, je ne doute pas qu'il ne les reconnotise ; Pllilippe iv doit payer les dettes du prince d'Espagne. J'ai le même pressentiment, dit don César, et je regarde le voyage de Santiliane à la cour comme une occasion pour luif de parvenir aux grands emplois.

En vérité , messeîgneurs , m'ecriaî-je , vou& ne pensez pas bien à ce que vous dites ! Il semble , à vous entendre l'un et l'autre, que je n'ai qu'à me rendre à Madrid pour avoir la clef d'or ^ , ou quelque gouvernement ; vous êtes dans l'erreur. Je suis au contraire, bien persuadé que le roi ne feroit aucune attention à ma figure, si je m'offrois à ses regards. J'en ferai, si vous le souhaitez , l'épreuve pour vous désabuser. Les seigneurs de Leyva me prirent au mot, et je ne pus me défendre de leur promettre que je partirois incessamment pour Madrid. Stlot que moo secrétaire me vit déterminé à faire ce voyage, il en ressentit une joie imsnodérée ; il s'imagtmyit que je ne paroitrois pas plus tôt devant le nouveau moâ»rque> que ce prince me déméleroît dans la foule, et tti'^ccâbleroit dliolineurs «t de Inens. Là-de&^us, se bennant des plus brillantes chimère», il iii^<élevoit aux premières diarges de l'état , et se poussoit à la faveur de mon élévation.

Je me dkposai donc ji retourner k <la cour , non dans la vae d'y vérifier enpcore à la fortune , mais pour contenter don Césdr et ^a 6)$, qui avoient dans l'esprit que je posséderois bientôt k% bonwôs grâces

' La clef d'or est le signe distinctlf de certains officiers du roi d^Espagne, qui om droit d*entrer dans )a cham'bre de ce prince, et qui portent xme clef d'oir k leur cdnftvte.

du souverain» II est vrai que je me sentois au fond de l'âme quelque envie d'éprouver si ce jeune prince me reconnoîtroit. Entraîné par ce mouvement curieux, sans espérance et sans dessein de tirer quelque avantage du nouveau règne , je pris le chemin de Madrid avec Scipion, abandonnant le soin de mon château à Béatrix, cpû étoit une très bonne ménagère.

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