LIVRE XI, CHAP. V
pas? De plus, on Ts^ccuse d'ingratitude pour avoir f^t ex.iler le 4^c d'Uïède et le frère LoUris Aliaga % auxquels il avoit, dit-on, de grandes okligationâ; c'est ce qu'il faut eu^pre lui pardonner : l'envie d'être prer mier ministpe dispiense d'être recomsoisâant.
Hqu^ Agnès de Zuniga è Yélasco, comtesse d'Olivarès , poursuivit ^seph, est une dame à qui je ne coimpî^ que le défaut de ven^e au poids de l'or les grâces qu'elle fait obtenir. Pour dona Maria de G.uzman, qui ^^igks contredit est aujourd'hui le premier parti d'Espagne , c'est yne pjerspnne accomplie et Tidole de son père. R^glex-vpus là-dç^us.; faites bien votre cour à ces deux dames , et paroissez encore plus dévoue au comte d'Oli varès que vous ne l'étiez au duc de Lermje avant votre voyage de Ségovie : vous deviendrez par ce moyen un hom^e comblé d'honneurs et de richesses.
Je vous conseille encore, ajouta- 1- il, de voir de temps en temps don Baltazar mon maître; quoique vous n'aye^^ plus besoin de lui pour vous avancer, ne laissez pas de le ménager. Vous êtes bien dans son esprit; conservez son estime et son amitié; il peut daqs l'occasion voys servir. Comme l'oncle et le neveu, dis-je àNavarro, gouvernent ensemble l'état, n'y auroit-il point un peu de jalousie entre ces deux collègues? Non, me répondit -il, ils sont au contraire dans la plus parfaite union. Sans don Baltazar, le comte d'Oli varès ne seroit peut-être pas premier ministre;
' Ce frère Louis AUaga étoit le confesseur du roî' Philippe m , prince fort timoré, et sur lequel régnoit>sans peine le prêtre qui aToit la charge de diriger sa conscience.
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car enfin /après la mort de Philippe m, tous les amis et les partisans de la niaisœi de Sandoval se donnèrent de grands mouvements, les uns en faveur du cardinal, et les autres pour son fils; mais mon maître , le plus délié des courtisans, et le comte, qui n'est^uère moins fin que lui, rompirent leurs mesures, et en prirent dé si justes pour s'assurer cette place ^ qu'ils remportèrent sur leurs concurrents. Le comte d'Olivarès, étant devenu premier ministre ; a fait part de son administration à don Baltazar son onde ; il lui à laissé le soin des affaires du dehors, et s'est réservé celles du dedans; , de sorte que , resserrant par là les nœuds de i'amitié qui doit naturellement lier les personnes d'un mêiïie sang , ces deux seigneurs , indépendants l'un de l'autre , vivent dans une intelligence qui me paroît inaltérable. ' Telle fut la conversation que j'eus avec Joseph, et dont je' me promis bien de profiter; après cela j'allai remercier le seigneur de Zuniga de ce qu'il avoit eu la bonté de faire pour moi. Il me dit fort poliment qu'il saisiroit toujours les occasions où il s'agiroit de me faire plaisir, et qu'il étoit bien aise que je fiisse satisfait de son neveu, auquel il m'assura qu'il parleroit encore en ma faveur, voulant du moins, disoit-il, me
' Tous ces détalIs^ sont hi&toriques. «Le comte d^OHyer^s, qui ca* « choit sous le yoilç d'uipie extraordinaire modestie une grande suffi- « sance , et croyoit au moins égsiier XimeQez en capacité , ne voulut « pas piBu*oître rien faire de son propre chef, et mit son onde don « Baltazar de Zuniga , qui avoit été gouverneur du roi , à la tête deâ. « affaires étrangères. Ce seigneur étoit tout différent de son neveu ; « il avoit réellement la capacité que Vautre se droyoit , et la modestie % qu'il afïectoit. » ( Histoire uwmenelle , tome xv de l'Histoire moderne , paçeiio. )