LIVRE XI, CHAP. Vin
et je me tins prêt à exécuter sans scrupule tous les ordres dont il jugeroit à propos de me charger.
Pendant que. j'étois ainsi disposera dresser de nou^ veaux autels à la fortune , Scipion revint de son voyage, < Je n'ai pas, me dit -il, un long récit à vous faire. J'ai charmé les < seigneurs de L^va, en leur apprenant l'accueil que le roi vous a fait lorsqu'il vous a reconnu, et la manière dont le comte d'Olivarès en use avec vous.
J'interrompis Scipion : Mon ami, lui dis-je,tu leur aurois fait encore plus de plaisir, si tu leur avois pu dire sur quel pied je suis aujourd'hui auprès de monseigneur. C'est une chose prodigieuse que la rapidité des progrès que j'ai &its depuis ton départ dans le cœur de son excellence. Dieu en soit loiié, mon cher maître, me répondit-il : je pressens que nous aurons de belles destinées à remplir.
Changeons de matière, lui dis-je; parlons d'Oviéda. Tu as été aux Asturies. Dans quel état y as -tu laissé ma mère? Ah! monsieur, me repartit -il. en prenant tout à coup un air triste, je n'ai que des nouvelles affligeantes à vous annoncer de ce côté- là. Oh ciel! m'écriai -je, ma mère est morte assurément! Il y a six mois , dit mon secrétaire , que la boniïe dame a payé le tribut à la nature, aussi -bien que le seigneur Gil Ferez, votre oncle.
Ld mort de ma mère me causa une vive affliction, quoique dahs mon en&nce je n'eusse pdint«reçu d'elle ces caresses dont les enfants on^ grand besoin pour devenir reconnoissants dans la suite. Je donnai aussi au bon chanoine les larmes que je lui devois pour le
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soin qii^il avoit en de mon éducation. Ma douleur, à
la vérité, ne fnt pas longue, et dégénéra bientôt en un
souvenir tendre que j'ai toujours conservé de mes
parents.