‹ Œuvres de Le SageChapitre 314 sur 321 · LIVRE XII, CHAP. XTV · texte numérisé non relu

LIVRE XII, CHAP. XTV

devant de ses désirs, elle s'attacha bientôt à moi comme si j'eusse été jeune. D'une autre part, don Juan et ma filleule s'enflammèrent d'une ardeur mutuelle , et ce qu'il y a de singulier, les deux belles-sœurs conçurent l'une pour l'autre la plus vive et la plus sincère amitié. De mon côté , je trouvai dans mon beau-frère tant de bonnes- qualités , que je me sentis naître pour lui une véritable affection, qu'il ne paya point d'ingratitude. Enfin, l'union qui régnoit entre nous tous étoit telle, que le soir, lorsqu'il falloit nous quitter pour nous rassembler le lendemain , cette séparation ne se faisoit pas sans peine; ce qui fut cause que des deux familles nous résolûmes de n'en faire qu'une, qui demeureroit tantôt au château de I.irias, et tantôt à celui de Jutell^, auquel, pour cet effet, on fit de grandes réparations des pistoles de son excellence.

Il y a déjà trois ans, ami lecteur, que je mène une vie délicieuse avec des personnes si chères. Pour comble de satisfaction , le ciel a daigné m'accorder deux enfants , dont l'éducation va devenir l'amusement de mes vieux jours ^ et dont je crois pieusement être le père.

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