LIVRE VIII» CHAP. III
et l'égaloit en magnîfioenc«;On avitoit eu de la peiiïe à distinguer par les alneublemerits le maître du valef. Je me fis annoncer comme successeur de don Yalerio , ce qui n'empêcha pas qu*on ne me fit attendre plus d'une heure dans l'antichambre. Monsieur le nouveau secrétaire, me disois-je pendant ce temps-là, prenez, s'il vous plaît, patience. Vous croquerez bien le marmot, avant qi*e vous le fassiez cro(|uér aux autres.
On ouvrit pourtant la porte de la chambre. J'entrai; et m'avançai vers don Rodrigue, qui* venant d^écrire un billet doux à sa charmante Siirène, le donnoit à Pédrille .dans x;e moment-là. Je n'avois pas paru devant l'archevêque de Grenade , ni detant le comte Galiano, ni même devant le premier ministre, si respec* lueusemisht qtie je me présentai aux yeux du seigneur de Calderone. Je le saluai en baissant la tête jusqu'à terre, et lui demandant sa protection dans des termes dont je nepuià me souvenir sans honte, tant ils étoient pleins de soumission. Ma bassesse auroit tourné coiitre moi dans l'esprit d'un homme qui eût eu moins de fierté. Pour lui, 'il s'accommoda fort de mes manières rampantes, et nie dit d'un âir Ihême assez honnête, qu'H ne laisserait é<jlèapper aucune occasion de me fâirô pkiisipi
Là^essus, le i'emercîknt avec de 'grandes démonstrations de zèle der'setitiments Fgvorabl^ qu'il me marquoit, je hii vomi un éternel attachement. Ensuite, de peur de l'ihcommoder , je sortis^ en le priant de m'excuser si je l'avois interrompu dans Ses importantes occupations. Sitôt que j'eus fait une si indigne démardie , je me retirai plein de confusion , et je g^-
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gn^i mou bureau, où j'achevai l'ouvrage ({^^'on m'avoit chargé de faire. Le. duc ne manqua pas d'y venir dans la matinée. Une fut pas moins coirtent de la fin de mon travail qu'il l'avoil été du connanencement, et iL me dit: Yoilà qui est bien. Écris toi-même, le mieux que tu pourras, cette histoire abrégée sur le registre de Catalogne. Après quoi^ tu prendras^ dans le port^euille un autre mémoire , que \u rédigeras de la même manière. J'eus une assez longue converjsation avec son excellence, dont l'air doux^et familier me cbarmoit Quelle différence il y avoit d'elle à Calderonej C'étoient deux- figures bien ;c:ontrastées. . , ^
Je dînai ce jour^là dans une auberge où l'on mangeoit ajuste prix , et je résolus d'y aller tous les jours incognito f jusqu'à ce que je visse l'effet qjne mes corn? plaisances et mes souplesses produiroienU J'avois de l'argent pour trois mois tout au plu^. Je me prescrivis ce temps-là pour travailler aux dépens de qui il apparu tiei^roit, me proposant,, les plus courtes folies. éUM les meilleures^ d'abandonner après, cela la cour et son clinquant , si je n'en recevpis aucun salaire. Je fis donc ainsi mon plan. Je n'épai^ai rien pendant deux mçks pour plaire à Calderone : mais il me tint si peu de compte de tout ce que je faisois pour y réussir,, que je désespérai d'en venir à bout. Je changeai de conduite à son égard: je cessai de lui Ëiire la cour; et je ne m'attachai plus .qu'à mettre ^ profit les moments d'entretien que j*avois avec le duc.