‹ Œuvres de Le SageChapitre 82 sur 321 · LIVRE VIII, OHAP. IV. ' lig · texte numérisé non relu

LIVRE VIII, OHAP. IV. ' lig

avec un rival, quelque uni qu'on soit avec lui par le .sang ou par râmitié.

Je te montre ici, continua-t-il, le fond de mon cœur. , J'ai déjà tenté de détruire le duc d'Uzède^dans l'esprit du roi ; et, comme je n'ai pu en venir à bout, j'ai dressé vtne autre batterie. Je veux que le comte de Lemos, de son coté , s'insinue dans les bonnes grâces du prince d'Espagne. Étant gentilhomme de sa chambre , il a occasion de lui parler à toute heure ; et , outre qu'il a de l'esprit, je sais un moyen sûr de le faire réussir dans cette entreprise. Par ce stratagème j'opposerai mon neveu à mon fils. Je ferai naître entre ces cousins une division qui tes obligera tous deux à rechercher mon appui ; et le besoin qu'ik auront dé moi me les rendra soumis !• un et l'autre. Voilà quel est mon projet, ajouta- , t-il; ton entremise ne m'y sera pas inutile. C'est toi que j'enverraf secrètement ^u comte de Lemos*, et qui me rapportera 'de sa partftout ce qu'il aura à me faire savoir.

Après cette confidence , qile je regardai comme de l'argent comptant, je n'eus plus d'inquiétude. Enfin, disois-jè , me voici sous la gouttière ; une pluie d'or va tomber sur moi. Il est impossible que le confident d'un homme qui gpuveme la monarchie d'Espagne ne soit pas bientôt comblé de richesses. Plein d'une si douce espérance , je voyois d'un œil indifférent ma pauvre bourse tirer à sa fin.

i5o GIL BLAS.

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