‹ Œuvres de Le SageChapitre 83 sur 321 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

OÙ l'on Derra Gil Blas comblé de joie y d'honneur et de misère.

Eau bénite de cour. ' — Grandes afîfoires. — Petit seigneur mourant de faim«

On s'aperçut bientôt à la cour à^ Tàffection que le ministre avpit pcnirmoi. Il affecta d'en donner des marques publiquement, en me chargeant de son porte- , feuille, qu'il avoit coutume de porter lui-même lorsqu'il alioit ^^. conseil. Cette nouveauté, me faisa&t regarder CQiimie un petit favori, excita l'envie d^ plusieurs personnes, et fut cause que je reçu$ de l'eau bénite de cour. Mes deux voisins les secrétaires ne furent pas des derniers à me complimenter sur ma prochaine grandeur, et ils m'invitèrent à souper chez leur veuve , moins par r^résailles, que dans 1^ vq^ de m'engager à leur-rendre service dans la suite. On me faisoit fête de toutes parts. Xjss fi^r don Rodrigue même changea de manières avec moi, 11 ne m'appela plus que seigneur de SemtUlane ' , lui qui jusqu'alors ne m'avait traite que de vous, sans

' Le nom de Santillane est celui d'une ville , et d'une ancienne famille qui a donné un homme illustre à la poésie espagnole. C'est un marquis de Santillane, florissant vers l'an i5oo , qui^tient le premier rang sur le Parnasse castillan. « Il imita Pétrarque ; mais le prix de « ses vers vient d'être sortis de la plume d'un grand seigneur, et dans « un temps où c'étoit un mérite que de savoir lire. » Abrégé de l'His^ toire d'Efptigne. * . ^

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