‹ Œuvres de Le Sage; avec notice et notesChapitre 27 sur 151 · LÉOXOR, BÉATRIX, ESTELLE, JACINTE · texte numérisé non relu

LÉOXOR, BÉATRIX, ESTELLE, JACINTE

BÉATRIX appercevant Ejîelle, a Leonor.

Mais quel bonheur ! la voici elle-même.

ESTELLE

Je vous ai reconnue de loin, ma chère Léonor; & j'ai quitté des dames avec qui je me promenois, pour venir vous embrafler. {Elles sembraffent.) Hé bien, mes enfans, quelles nouvelles ?

BÉATRLX a Eflelle.

\'ous venez fort à propos, madame, pour nous tirer d'un embarras.

ESTELLE a Léonor.

Ouvrez-moi votre cœur. Depuis un an que nous nous voyons, mon amitié doit vous être connue. Dans quel embarras êtes-vous ?

LÉONOR h Eflelle.

Je voudrois avoir un entretien avec un cavalier nommé don Carlos, qui me rend des foins depuis quelques jours ; mais on nous obferve, & je ne fais où je pourrai le voir.

ESTELLE

Vous n'ofcz l'introduire chez vous ?

LÉONOR

Vous ne me le confeilleriez pas.

ESTELLE

J'aime mieux vous prêter mon appartement que de vous donner un û mauvais confeil.

BÉATRLX.

Nous vous prenons au mot.

Hélas ! que ne puis-je voir auffi mon cher don Luis Pachéco, dont l'abfence me met au défefpoir! Il y a deux ans qu'une affaire d'honneur le tient éloigné de Madrid, Je ne reçois point de fes nouvelles, &. j'attends en vain fon retour.

LÉONOR

Mon frère ne vous verra-t-il jamais fenfible à fa paffion ?

ESTELLE

J'y aurois peut-être répondu, fi le fouvenir de don Luis ne la traverfoit point.

BÉATRIX

Sans don Carlos, nous aimerions peut-être auffi le feigneur don Lope.

ESTELLE embraffant Léonor.

Adieu, Léonor, je vais rejoindre ma compa-

gnie. Jacinte aura foin de vous introduire ce foir chez moi par une porte fecrette.

Lconoi- 6" Bentrix venir e7it chez elles.

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