ANGÉLIQUE, M. ORONTE, CRISPIN, M™^ ORONTE, LISETTE
M. ORONTE à Crifpin.
Revenons à votre père ; je fuis très-affligé de fon indifpofition ; mais, fatisfaites, je vous prie, ma curiofité. Dites-moi un peu des nouvelles de fon procès.
CRISPIN d'un air inqîùet, appelle :
Labranche !
M. ORONTE
Vous êtes bien ému, qu'avez-vous ?
CRISPIN bas, à lui-même.
Alaugrebleu de la quellion !... {Haut.) J'ai oublié de chercher Labranche... {Bas, à luimême.) Il devoit bien me parler de ce procès-là.
Kl VAL DE SON MAITRE I29
M. ORONTE
Il reviendra. Hé bien ? ce procès a-t-il enfin été jugé ?
CRISPIN h Jf. OronU.
Oui, dieu merci, l'affaire en efl faite. M. ORONTE.
CRISPIN
Avec dépens.
M. ORONTE
J'en fuis ravi, je vous affure.
M"'" ORONTE
Le ciel en foit loué !
CRISPIN
Mon père avoit cette affaire à cœur ; il auroit donné tout fon bien aux juges plutôt que d'en avoir le démenti.
INIa foi, cette affaire lui a bien coûté de l'argent ; n'efl-ce pas ?
CRISPIN, Je vous en réponds ; mais la juflice efl une fi belle chofe qu'on ne fauroit trop l'acheter.
M. ORONTE
J'en conviens; mais, outre cela, ce procès lui a bien donné de la peine.
130 CRISPIN
CRISPIN
Ah ! cela n'eft pas concevable : il avoit affaire au plus grand chicaneur, au moins raifonnable de tous les hommes.
M. ORONTE
Qu'appelez-vous, de tous les hommes ? Il m'a dit que fa partie étoit ime femme.
CRISPIN
Oui, fa partie étoit une femme, d'accord ; mais cette femme avoit dans fes intérêts vui certain vieux normand qui lui donnoit des con feils : c'eft cet homme-là qui a bien fait de la peine à mon père... Mais changeons de difcours ; laiffons-là les procès ; je ne veux m'occuper que de mon mariage, & que du plaifir de voir madame Oronte.
M. ORONTE
Hé bien ! allons, mon gendre, entrons ; je vais ordonner les apprêts de vos noces.
CRISPIN donnant la main a madame Oronte.
Madame !
Vous n'êtes pas à plaindre, ma fille : Damis a du mérite.
[Cri/pin, M. Oronte & .V"<= Oronte fortent,)