SCÈNE XI IL LISETTE, M. ORONTE
M. ORONTE
Valère vient de vous quitter, Lifette.
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LISETTE
Oui , monsieur ; il vient de nous dire une chofe qui vous furprendra, fur ma parole.
M. ORONTE
Et quoi ?
LISETTE
Par ma foi, Damis effc un plaifant homme, de vouloir avoir deux femmes, pendant que tant d'honnêtes gens font û fâchés d'en avoir une !
M. ORONTE
Explique-toi, Lifette.
Damis eft marié, il a époufé fecrètement une fille de Chartres, une fille de qualité.
M. ORONTE
Bon ! cela fe peut-il, Lifette ?
LISETTE
Il n'y a rien de plus véritable, monfieur ; Damis l'a mandé lui-même à Valcre, qui eft fon ami.
M. ORONTE
Tu me contes une fable, te dis-je.
LISETTE
Non monfieur, je vous affure. Valère eft allé quérir la lettre, il ne tiendra qu'à vous de la voir.
M. ORONTE
Encore un coup je ne puis croire ce que tu me dis.
LISETTE
lié ! monfieur, pourquoi ne le croirez-vous pus ? Les jeunes gens ne font-ils pas aujourd'hui capables de tout ?
M. ORONTE
Il efl vrai qu'ils font plus corrompus qu'ils ne l'étoient de mon temps.
Que favons-nous fi Damis n'efl point un de ces petits fcélérats, qui ne fe font point un fcrupule de la pluralité des dots ? Cependant la perfonne qu'il a époufée étant de condition, ce mariage clandeftin aura des fuites qui ne feront pas fort agréables pour vous.
Ce que tu dis ne laifle pas de mériter qu'on y fafîe quelque attention.
Comment, quelque attention? Si j'étois à votre place , avant que de livrer ma fille , je voudrois du moins être éclairci de la chofe.
M. ORONTE
Ta as raifon.
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