S CL NE IV
ION, KREOUSA, le Chœur des Femmes.
ION , à part.
Si j'en crois sa beauté que nulle autre n'égale,
Cette femme sans doute est de race royale.
Mais d'où viennent les pleurs qui tombent de ses yeux ?
O regrets ! ô douleurs ! Noirs attentats des Dieux !
lÔN , de même.
Pourquoi ce morne ennui sur son visage auguste?
KRÉOUSA.
Se peut-il qu'un Dieu mente et qu'un Dieu soit injuste !
Devant la majesté du Temple et de l'Autel, Femme, ne parle pas ainsi d'un Immortel. Redoute qu'il t'entende et que la Pythonisse D'un oracle terrible et soudain te punisse.
^8 l'apollonide.
Puisse-t-elle plutôt, propice à tes douleurs, Promettre à ton beau front l'éclat des jours meilleurs Et répandre la paix dans ton âme irritée ! Ton nom ?
KRHOUSA.
Kréousa, Reine, et du sang d'Érékhthée.
lÔN .
Et ta ville?
KRÉOUSA.
Athèna, la cité de Pallas.
lÔN .
O Ville illustre ! Enfant d'un noble père !
KRÉOUSA.
Hélas !
Que me sert. Etranger, le sang dont je suis née? En ai-je moins subi la sombre destinée? Ni la pourpre, ni l'or, ainsi que tu le crois, Des maux communs à tous ne préservent les Rois, Et de plus rudes mers battent les hauts rivages.
Je le sais, non par moi, mais par la voix des sages. Est-il donc vrai qu'un Dieu, maître des flots sans frein, Dans Makra, d'un seul coup de son trident d'airain, Sous la terre béante ait englouti ton père?