‹ Œuvres de Leconte de LisleChapitre 48 sur 88 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

KRÉOUSA, seule.

Oui! Le sang de Gorgô, comme une ardente flamme, Va dessécher sa veine et lui dévorer l'âme. Il tombera, tranché dans son fragile orgueil. Aussi bien sa fortune insultait à mon deuil ; Et de l'antique sol de mes aïeux, leur race, Moi morte, eût disparu, sans laisser plus de trace Qu'un peu de cendre au vent qui la disperse aux cieux. Qu'il meure donc !

Un silence.

Mon fils, qui descendait des Dieux, Est bien mort ! La vengeance est, certes, légitime. O mon enfant, reçois cette jeune victime. Digne de toi sans doute, innocente qu'elle est; Et qu'un Dieu me foudroie ensuite, s'il lui plaît 1

Un silence.

Pourtant, ce meurtre est lâche, et mon cœur en murmure. Il mettra sur mon nom une long'ue souillure.

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