SCENE V
ION, KRÉOUSA.
lÔN .
STROPHE
Humble corbeille où j'ai connu la vie amère,
Où j'ai vefsé mes premiers pleurs, Ouvrage de ses mains, témoin de ses douleurs,
Sais-tu le doux nom de ma mère?
je n'ose dénouer tes fragiles liens.
Ce nom, tu l'as gardé peut-être?
Je brûle de l'entendre, et tremble de connaître
Le cher secret que tu contiens.
Il dénoue les bandelettes, ouvre la corbeille et en tire des langes d'enfant. Kréoiisa se lève à demi et le regarde.
KRÉOUSA , à part.
Vous que j'avais filés de mes mains, ô doux langes
Du bien-aimé que j'ai conçu, Gorgô, de son image, ornait votre tissu.
Et ses cheveux formaient vos franges.
150 L APOLLONIDE.
ION
Que dit-elle, grands Dieux!
KRÉOUSA.
Cher fils, je vois encor, Autour de ton cou rose et frêle.
Luire, collier splendide et parure immortelle. Deux serpents aux écailles d'or.
lÔN.
ÉPÔDE .
Les voici! Ce sont eux. O surprise! O pensées!
KRÉOUSA.
Puis, avec un baiser, je posais doucement L'olivier de Pallas aux feuilles enlacées,
O mon fils, sur ton front charmant !
lÔN. // relire de la corbeille une couronne d'olii'ier. Dieux ! Tout mon cœur frémit d'espérance et de joie !
Ils s'élancent l'un vers l attire.
Ma mère !
KRÉOUSA.
Mon enfant! Oh! viens, que je te voie. Que je te serre enfin contre mon cœur charmé !