SCENE y II ION, KRÉOUSA
KRÉOUSA.
Xouthos n'est rien pour toi, tu n'es pas né de lui.
lÔN.
Q.ue dis-tu?
Le flambeau nuptial n'a pas lui Sur l'union fatale à qui tu dois la vie. Toi dont l'âme naissante, hélas! me fut ravie, Sache enfin ce secret terrible et glorieux. C'est un plus noble sang, oui I c'est le sang des Dieux Qui coule dans ta veine, ô mon enfant que j'aime. Et ton père immortel est Apollon lui-même!
lÔN.
O ma mère ! ô destin de gloire et de douleur !
KRÉOUSA.
Réjouis-toi, pour nous se lève un jour meilleur.
156 l'apollonide.
lÔN.
Q.ue n'as-tu pas souffert ! Que de larmes versées ! Une lumière rose emplit peu à peu le Sanctuaire.
KRÉOUSA.
Tu me consoleras des angoisses passées,
O mon fils, et le Dieu de qui tu tiens le jour
A payé tous mes maux s'il me rend ton amour.
lÔN .
STROPHE
Vois, mère! Le Trépied fatidique se dore
D'un étrange rayonnement ; Comme une large fleur où s'épanche l'aurore,
Le Temple frémit doucement.
ANTISTROPHE
L'ambroisienne odeur des lys et de la myrrhe
Monte d'un invisible feu.
D'où vient cet air subtil et frais que je respire?
Va-t-il nous apparaître un Dieu?
Les neuf Muses, vêtues de blanc, coiffées de mitres d'or et de couronnes de laurier, apparaissent, planant dans une nuée éclatante.
Q.u'ctcs-vous, ô formes sublimes?
Spectres ou Déesses, parlez !
Montez-vous des sombres abîmes?
Venez-vous des cieux étoiles?