‹ Œuvres de Lesage précedée d'une notice biographique et litteraireChapitre 149 sur 734 · CHAPITRE VI. MA · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. MA

protestations, ils sc lièrent d’amitié tous deux, et se promirent mutuellement de n’avoir rien de caché Pun pour l’autre. Us passèrent Paprès-soupée à se dire des choses gracieuses, et enfin ils sc séparèrent pour s’aller reposer chacun dans son appartement. Je suivis Aurore dans le sien, où je loi rendis un compte exact de l’entretien que j’avois eu avec la fille du docteur ; je n’oubliai pas la moindre circonstance ; j’en dis même plus qu’il n'y en avoir, pour mieux faire ma cour à ma maîtresse, qui fut charmée de mon rapport. Peu s’en fallut qu’elle ne 111’embrassàt de joie. Mon cher Càil lilas, me dit-elle, je suis enchantée de ton esprit. Quand on a le malheur d’étre engagée dans une passion qui nous oblige de recourir à des stratagèmes, quel avantage d’avoir dans ses intérêts uu garçon aussi spirituel que toi! Courage, mon ami, nous venons d’écarter une rivale qui pouvoit nous embarrasser; cela ne va pas mal. Mais, comme les amants sont sujets à d’étranges retours, je suis d’avis de brusquer l’aventure, et de mettre en jeu dis demain Aurore de Guzman. J’approuvai cette pensée; et laissant le seigneur don Félix avec son page, je me retirai dans un cabinet où étoit mon lit.

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