CHAPITRE I. j
tant d'évacuations, ma bourse se trouva si débile, qu’on pouvoit dire que c’étoit un corps confisqué, tant il y resloit peu d’humide radical.
Je commençai à perdre courage en me voyant retombé dans une situation misérable. Je m’étois, cbea mes derniers maîtres , trop afTectionné aux commodités de la vie ; je ne pouvois plus , comme
autrefois, envisager l’indigence en philosophe cynique. J’avouerai pourtant que j’avois tort de me laisser aller à la tristesse, après avoir tant de fois éprouvé que la fortune ne m'avoit pas plus lût renversé quelle me relevait ; je n’aurois dû regarder l’état fécheux où j'étois que comme une occasion prochaine de prospérité.