CHAPITRE t
t'a vu son camarade? Non, Sant ilia ne, non; elle ne me convient nullement. Adieu, séparons-noos 1 l’amiable. Défaisons-nous tous deux , toi d’un censeur de tes actions, et moi d’un nouveau riche qui se ntéconnolt.
Je me sentis plus aigri que touché de ses reproches, et je le laissai s’éloigner sans faire le moindre effort pour le retenir. Dans la situation où ëtoil mon esprit, l’amitié d’un poète ne me paroissoit pas une chose assez précieuse pour devoir m’affliger de sa perte. Je trouvois de quoi m’en consoler dans le commerce de quelques petits officiers du roi, auxquels un rapport d’humeur me
lioit depuis peu étroitement. Ces nouvelles connoissances étoient des hommes dont la plupart venoient de je ne sais où, et que leur heureuse étoile avoit fait parvenir à leurs postes. Ils étoient déjà tous à leur aise ; et ces misérables, n’attribuant qu’à leur mérite les bienfaits dont la honte du roi les avoit comblés, s’oublioient de même que moi. Nous nous imaginions être des personnages bien respectables.
O fortune! voilà comme tu dispenses tes faveurs le plus souvent. Le stoïcien Épictète n’a pas tort de te comparer à une fille de condition qui s’abandonne à des valets.