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je , et je puis t’assurer que c’est une aimable solitude. Je la conuois pour y avoir été plusieurs fois en qualité d’iutcndant des seigneurs de Ley va. C’est une petite maison sur les bords de Guadalaviar, dans un hameau de cinq ou six feux , et dans un pays charmant.
Ce qui m’en plaît davantage , s’écria Scipiou , c’est que nous aurons là de bon gibier, avec du vin de Benicarlo et d’excellent muscat. Allons , mon patron, hàtons-uous de quitter le monde et de gagner notre ermitage. Je n’ai pas moins d’envie d’y être que toi, lui reparüs-jc, mais il faut au|>aravant que je fasse un tour aux Asturies. Mon père et ma mère n’y sont pas dans une heureuse situation. Je prétends les aller chercher pour les conduire à Lirias , où Us passeront en repos leurs derniers jours. Le ciel ne m’a peutêtre fait trouver cet asile que pour les y recevoir, et il me puniroil si j’y manquois. .Scipion loua fort mon dessein ; il m’excita même à l’exécuter. Ne perdons point de temps, me dil-il : je me suis assuré déjà d’une chaise roulante ; achetons vite des mules, et prenons le chemin d’Oviédo. Oui , mon ami , lui répondis-je, {varions le plus U'S qu’il nous sera possible. Je me fais un devoir indispensable de partager les douceurs de ma retraite avec les auteurs de ma naissance. Nous nous verrons bientôt dans notre hameau ; et , je veux , en y arrivant , écrire sur la porte de ma maison ces deux ver» latins en lettres d'or :
Inverti portum: Spes et Fortuna, volet e!
Sat me lusistis; ladite mine alios 1 !
* C’étolt par cel adieu aux illusions de ce monde que fmissoit d'abord l'bistoire de GU Blas , publiée en neuf livres en 1724.