‹ Œuvres de Lesage précedée d'une notice biographique et litteraireChapitre 470 sur 734 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Le père Thomas . rellgieut de la Merci , place le bachelier chez le marquis de Bueudin. Caractère de l’enfant qu’on lui dooue à instruire. Il sort de cette maison. Pourquoi.

Je rendis compte de cette conversation au père Thomas : nous rimes un peu tous deux aux dépens du conseiller, qui nous parut un original. Je ne serai pas content , me dit ensuite le religieux, que je ne vous aie bien placé : plus je vous vois, plus je vous aime. Je vais me donner pour vous de nouveaux mouvements. Il y aura bien du malheur si je ne vons mets pas à la fin dans quelqu’une de ces bonnes maisons où les précepteurs font la pluie et le beau temps.

Véritablement, peu de jours après, s’imaginant avoir fait ma fortune , il vint à mon hôtel garni , et me dit , avec une émotion qui relevoit le prix du service : Enfin , mon cher bachelier, j’ai un poste excellent à vous offrir. Le marquis de Buendia, l’un des principaux seigneurs de la cour, veut vous confier l’éducation de son fils , sur le portrait que je lui ai fait de vous. Venez me prendre demain au matin, je vous mènerai chez lui. Vous terrez un seigneur des plus polis. Vous serez charmé de la réception qu'il vous fera , et je ne doute nullement que vous ne soyez parfaitement bien chez ce courtisan.

Le lendemain le père Thomas me conduisit au lever du marquis ; et ce seigneur me reçut d’un air gracieuz , en me disant qu’il étoit persuadé que j’avois du mérite, puisque le révérend père, qui étoit son ami, m’avoit choisi pour me meurt: auprès du jeune marquis, son fils. Je vous reçois, poursuivit-il, aveuglément de la main de sa révérence. A l’égard de vos honoraires, je vous donnerai cent pistoles tous les ans, et vous ne sortirez

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