CHAPITRE XXV
Pe la eonverMUion qu'cui dona Francises avec don Chérubin , après lui avoir raconté son histoire. Elle lui propose de venir demeurer chei elle. Don Chérubin s'y détermine.
Don» Francisca, ma sœur, acheva dans cct endroit le récit de scs aventures, cl me dit ensuite en souriant : né bien , mon frère , que vous semble de la veuve de Bartolomcî Ne vous paroitclle pas une dame d’importance? Oui, vraiment, lui répondis-je, vous avez fait votre chemin en peu de temps. Je vous en félicite , et je rends grâce au ciel d’avoir une soeur si bien dans ses affaires. Mais j’appréhende une chose. Nous sommes sujets dans notre famille à sacrifier à l’amour. Je crains que , parmi les cavaliers qui viennent chez vous, il ne se trouve quelque aimable fripon qui vous fasse perdre votre château comme vous l’avez gagné. N’ayez pas cette crainte, me repartit Francisco , je suis plus capable d’en acquérir encore un autre que de donner le mien au même prix qu'il m’a coûté.
Mais changeons de matière, poursuivit-elle: puisque j’ai le plaisir de retrouver mon frère , ne nous séparons plus. Je vous offre un logement dans celte maison ; venez-y demeurer avec nous. Isménic n’en sera pas moins ravie que moi. Vous nous aiderez de vos bons conseils. Il pourra se présenter des conjonctures embarrassantes, dans lesquelles votre prudence nous sera d'un grand secours : vous nous sauverez de fausses démarches. Que nous vous ayons cette obligation-là.
La proposition , je l’avouerai , ne me plut pas d’abord. Je me fis un scrupule d’étre le conseiller et le guide de deux beautés dont je ne laissois pas de croire ia sagesse équivoque, quoi qu’en pût dire ma sœur. Néanmoins je ne pus ni’en défendre ; et je m’y déterminai aux dépens de qui il apparlicndroit, me réservant au surplus le droit de me séparer d'elles pour peu que je fusse mécontent de leur compagnie.