CHAPITRE
tends-je! nie dit don Grcgorio d'un air étonné. [ Don Chérubin , seroit-il possible que vous connussiez la dame que représente ce portrait? M’en doutez pas , lui répondis-je , et elle n’est pas inconnue à don Manuel.
A ces paroles, Pedrilla considéra le portrait avec plus d’attention , et démêlant les traits de ma sœur : Qu’cst-ce que je vois , mon ami ? me dit-il d’un air troublé. Je n’ose vous découvrir ma pensée : j’aime mieux croire que mes yeux me trompent en ce ce moment. Non , non , lui repartis-je, leur rapport est fidèle. Dona Francisca , qui vous est connue sous le nom de Basilisa, est l’original de cette peinture. Clevillentc a séduit ! ma sœur, elle me l’a elle-même avoué. Il l’enleva j d’un couvent de Cartbagène où elle étoit pension- I naire, et l’amena dans ce château. C’est un rapt dont l’honneur veut que je demande raison ; mais, puisque dona Francisca est veuve, il est un moyen plus doux de contenter l’honneur.
Après les sentiments que don Gregorio vient de faire paraître, dit alors don Mannel, je suis persuadé que sa plus chère envie est d’épouser dona Francisca. Je n’ai pas un autre dessein, s’é- , cria Clevillentc ; les remords dont je suis la proie depuis dix ans doivent vous en répondre. Enscignez-moi seulement l’endroit d’Espagne que cette dame habite , et j’y vole à l’instant. Je prétends vous y conduire moi-même, lui dis-je, pour être ! témoin de la joie que vous aurez tous deux à vous revoir. Je crois que don Manuel ne refusera pas de nous accompagner. Non, sans doute, répondit Pedrilla : j’ai mes raisons aussi pour faire ce voyage , indépendamment de la complaisance que vous êtes en droit d’attendre de mon amitié.