SCÈNE XIV
M. OROSTE, LA BRANCHE.
M. ORONTE
Approche . La Branche; viens (A. Je le trouve une physionomie d'honnête homme.
LA BRANCHE
Oh ! monsieur, sans vanité, je suis encore plus honnête homme que ma physionomie.
M. ORONTE
J’çn suis bien aise... Écoute : ton maître a la mine d’un vert-galant.
LA BRANCHE
Tudieu ! c’est un joli homme. Les femmes en sont folles ! lia un ccrlain air libre qui les charme. M. Orgon , en le mariant, assure le repos de trente familles, pour le moins.
Cela étant , je ne m’étonne point qu’il ait poussé A bout une hile de qualité.
LA BRANCHE
Que dites-vous?
M. ORONTE
1! faut , mon ami , que tu me confesses la vérité. Je sais tout : je sais que Daniis est marié; qu’il a épousé une fille de Chartres.
LA BRANCHE « part.
Ouf!
M. ORONTE
Tu te troubles Je vois qu’on m’a dit vrai :
tu es un fripon.
LA BRANCHE
Moi, monsieur ?
M. ORONTE
Oui, toi, pendard! Je suis instruit de votre dessein, et je prétends te faire punir, comme complice d’un projet si criminel.
LA BRANCHE
Quel projet , monsieur î Que je meure si je comprends...
M. ORONTE l’interrompant.
Tu feins d'iguorercc que je veus dire, traître! mais si tu ne me fais tout A l'heure un areu sincère de toutes choses, je vais te mettre entre les mains de la justice.
Faites tout ce qu’il vous plaira , monsieur ; je u'ai rien à vous avouer. J’ai beau donner la lor-